Dr Modou Guèye Fall a soutenu avec brio sa thèse en économie rurale
Dr Modou Guèye, doctorant au BAME depuis 2023, vient se soutenir sa thèse en économie rural dans les locaux du CERAAS, ce mardi 29 juillet 2025. Il a obtenu une mention très honorable avec félicitation du jury.
Le jury était composé de :
- Abdoulaye Dieng, Professeur titulaire ENSA (Président)
- Moustapha Gueye, Maitre de recherche et DG de l’ISRA (Rapporteur)
- Ousmane Ndiaye, Maitre de conférences à l’ENSA (Rapporteur)
- Amadou Ndiaye, Professeur Titulaire de l’UAM (Rapporteur)
- Ibrahima Diédhiou, Maitre de conférences de l’ENSA (Examinateur)
- Saliou Ndiaye, Professeur Titulaire de l’ENSA (Directeur de thèse)
Photo de famille avec les membres du jury
Inscrit à l’école doctorale développement durable et société, le sujet de thèse de Dr Fall porte sur « Analyse multicritères des initiatives paysannes de gestion de la fertilité des sols dans le contexte de changement climatique au Sénégal : cas des exploitations agricoles familiales du bassin cotonnier ».
La qualité de la soutenance a particulièrement attiré l’attention du jury car ses travaux de recherche ont mêlé connaissances scientifiques et données empiriques via une approche co-construite avec les communautés de Koussanar et Ndoga Babacar (région de Tambacounda). Cette soutenance de thèse constitue, selon un membre du jury, est un pas vers la diffusion des résultats recherches de l’ISRA.
Pour rappel, Dr Modou Gueye Fall a intégré l’ISRA en 2018 et s’est inscrit au cycle doctoral en 2020 avec l’accompagnement des chercheurs de l’ISRA (CRA Tambacounda et BAME). Ses travaux de thèse ont continué avec les projets Fair Sahel, Initiative agroécologique et plus récemment l’initiative de mobilité académique Acropix.
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RESUME DE LA THESE :
Cette étude s’inspire de l’assertion que « les agriculteurs sont aussi des innovateurs, plutôt que simplement des bénéficiaires des résultats de la recherche ». Dans un contexte de changement climatique, pour définir des stratégies de résilience adaptées aux conditions de culture et respectueuses de l’environnement, cette étude se focalise sur les initiatives paysannes et identifie les bonnes pratiques pouvant constituer des sources d’idées et/ou de référence. L’étude est circonscrite dans les communes de Koussanar et Ndoga Babacar, situées dans l’Est du Sénégal. Ces communes capitalisent plus de 25 ans d’expérience de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.
L’approche méthodologique repose sur une démarche systémique multi-échelles-territoire, exploitation et parcelle, incluant un zonage, des enquêtes socioéconomiques, des évaluations participatives et analyses multicritères. A l’échelle du territoire, les résultats ont montré des innovations institutionnelles axées sur le mode d’utilisation du milieu et la gestion efficiente des ressources, incluant le renforcement des liens synergiques entre les cultures, l’élevage et les arbres, l’établissement d’une convention locale de gestion et de restauration des zones dégradées, mais aussi, le basculement collectif vers des cultures à cycle court et très peu exigeantes en fertilisants. Au niveau de l’exploitation, l’innovation technique relevée combine l’utilisation de l’agroforesterie, l’association culturale et la réduction des superficies cultivées. Cette innovation d’intensification et d’optimisation des ressources est efficace sur l’arachide, mais est moins performante sur le mil. A l’échelle de la parcelle, pour renforcer le système de culture à base d’arachide et la stratégie d’optimisation des ressources, la microdose considérée comme une technologie d’intensification au Sahel a été utilisée. Les évaluations participatives suivant les critères agroenvironnementaux et économiques ont révélé qu’une réduction de 60% des ressources fertilisantes peut permettre, avec cette technologie, d’accroitre significativement la productivité des cultures, la valeur ajoutée, la résilience et la séquestration du carbone au même titre que la pratique préconisée par la recherche et vulgarisée (150-200 kg de NPK, 100 kg d’Urée et 5 t de matière organique par hectare).
L’analyse multicritère de la perception paysanne sur les voies d’adoption, basées sur l’utilité et la facilité d’utilisation, révèle aussi que la microdose est rentable et favorise l’autonomisation des exploitations, alors que la pratique vulgarisée entraine la dépendance des producteurs à la subvention des intrants. Toutefois, même si le temps de travail est jugé moyen, la pénibilité liée à la microdose est perçue comme élevée.
Pour contourner cet obstacle sur le chemin de l’adoption de cette performante technologie, l’étude ouvre ainsi en perspective, la co conception d’une stratégie de mécanisation adaptée en vue de réduire la pénibilité de la microdose.
Pour ses travaux scientifiques, Mr Modou Guèye Fall est affilié à l’Ecole Doctorale Développement Durable et Société (ED2DS) de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT).



