Le riz sénégalais face à la baisse des prix mondiaux : les acteurs plaident une loi régulant le secteur

Après près de deux ans l’ISRA-BAME renoue avec ses mardis du BAME. Pour cette 30ème édition, la production du riz, l’écoulement et la commercialisation du riz était au cœur des débats, le mardi 3 mars au Pôle de recherches de Hann. Structuré autour du thème « Le riz sénégalais face à la baisse des prix mondiaux : stratégies pour mieux produire, mieux vendre, et protéger les revenus des ménages et des producteurs », ce 30ème mardi du BAME a vu la participation des maillons essentiels qui gravitent au de la production du riz local. L’atelier s’est ouvert avec une allocution du Directeur général de l’ISRA, Dr Moustapha GUEYE, en présence de l’ancien Ministre de l’Agriculture Dr Papa Abdouaye SECK.

Au présidium se sont succédés des chercheurs de l’ISRA et de l’ANAPRI qui ont fait des études sur le riz. Il s’agit de Dr Omar Ndaw FAYE, Finda Bayo DIAKHATE, Ndèye Fatou Faye MANE et Timothy NJAGI.

Pour leur part, les chercheurs ont analysé les facteurs qui bloquent en s’appuyant sur des données solides issues de leurs travaux de recherche. « On a montré qu’en milieu rural, on consomme encore beaucoup de riz importé, tandis qu’en milieu urbain, on consomme plus de riz local. Ce qui veut dire qu’il y a beaucoup d’effort à faire en milieu rural. Etant donné qu’ils sont en transition alimentaire, ils sont en train de remplacer les céréales traditionnelles par le riz. Mais il y a également une exigence de qualité », explique Ndèye Fatou Faye MANE, Chercheure du bureau.

Les débats se sont poursuivis avec un panel politique animé par Daouda SÈNE de la Direction de l’agriculture, de Najirou SALL, Président du CNCR, Pape Sandiour DIEYE, Président du CIRIZ et Ibrahima Tamsir NIANE de l’UNACOIS.

Le riz occupe une place prépondérante pour la sécurité alimentaire du Sénégal. Sa consommation annuelle est estimée à près 88 kg par habitant. Toutefois, cette progression de l’offre ne s’est pas traduite de manière proportionnelle par une meilleure insertion du riz local sur les marchés. Selon Nazirou Sall, Président CNCR, les décideurs publiques doivent accompagner davantage le secteur notamment dans l’écoulement des produits. « Les problèmes du Sénégal, c’est un problème du marché et un courage politique qui permet de vendre les productions locales afin de produire et vendre au pays avec une maitrise du marché Sénégalais. », a-t-il affirmé.

A travers ce « mardi du BAME », l’ISRA a voulu créer un espace de dialogue multi-acteurs afin d’analyser de manière rigoureuse les goulots d’étranglement le long de la chaîne de valeur et de co-construire des solutions opérationnelles pour améliorer la commercialisation et la compétitivité du riz local. Les acteurs présents ont également plaidé pour une loi qui participerai à une meilleure régulation du secteur.

Suite à ce mardi du BAME, le Ministère de l’agriculture a décidé de subventionner le riz local à hauteur de 50fr  le KG.

Dans la Presse 🌾🌾🌾