Note politique | Local ou importé : Analyse de la demande de riz au Sénégal
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Voici une nouvelle note politique qui analyse la demande en riz des ménages sénégalais et met en lumière des différences importantes entre ménages urbains et ruraux, notamment dans les types de riz consommés (riz entier ou brisé, local ou importé).
Auteurs : Ndèye Fatou Faye, Amy Faye, Mouhamed Rassoul Sy, Seungmin Lee, John McPeak
- Le riz occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages sénégalais et représente près de 40 % des importations alimentaires du pays. En moyenne, les Sénégalais consomment davantage de riz brisé (48 kg par personne et par an) que de riz entier (43 kg).
- Les habitudes de consommation diffèrent toutefois entre zones urbaines et rurales. En milieu urbain, les ménages consomment davantage de riz local (49 kg par personne et par an) que de riz importé (41 kg), avec une préférence pour le riz non brisé et une attention particulière à la qualité. En milieu rural, en revanche, la consommation de riz importé (57 kg) dépasse largement celle du riz local (27 kg). Cette situation s’explique notamment par des problèmes de disponibilité et de qualité du riz local, ce qui conduit certains ménages à remplacer progressivement les céréales traditionnelles comme le mil, le maïs ou le sorgho par du riz brisé importé.
- La note souligne également que la demande de riz est peu sensible aux variations de prix, car il s’agit d’un produit de base. Les politiques de subvention ou de taxation influencent donc peu les quantités consommées, mais peuvent orienter le choix entre riz local et riz importé.
- Pour réduire la dépendance aux importations, il est nécessaire non seulement d’augmenter la production locale, mais aussi d’améliorer les circuits de distribution et de garantir la disponibilité d’un riz local de qualité, capable de concurrencer le riz importé.



