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CRISE ALIMENTAIRE – Un milliard de dollars supplémentaire : La Bad se donne les moyens de lutte en Afrique

Publié le 6 mai 2008

La Bad veut se donner les moyens de mieux faire face à la crise alimentaire que traversent actuellement plusieurs pays d’A-frique et qui touche, plus particulièrement, quelque 150 millions de personnes dans les Etats les plus fragiles.

Le portefeuille agricole du groupe de la Banque africaine de développement (Bad), devrait prochainement passer de 3,8 milliards de dollars à 4,8 milliards (un dollar vaut 425 francs Cfa au cours actuel), selon un communiqué du groupe, publié avant-hier. Par ailleurs, dans une déclaration faite à la presse, Donald Kaberuka, le président de la Bad, a demandé aux pays exportateurs de céréales de ne pas suspendre leurs exportations de riz et de blé, au risque de voir la situation empirer. Dans un même temps, un groupe de travail est chargé de faire le point sur la situation alimentaire dans toutes les régions du continent, afin d’orienter au mieux les actions de l’Institution, mais aussi de fournir des appuis budgétaires supplémentaires aux pays les plus touchés.

La Bad souhaite, également, renforcer le développement de l’utilisation des engrais à travers un plan d’actions à court et à long terme. Le Conseil des gouverneurs de la Bad, qui abrite depuis peu le fonds fiduciaire du Mécanisme africain pour les engrais, prévoit ainsi d’augmenter leur utilisation d’une moyenne de 8kg par hectare actuellement, à une moyenne d’au moins 50kg en 2015.

Donald Kaberuka a, par ailleurs, réitéré l’importance de développer les infrastructures (routes, ponts, etc. ) en vue d’améliorer les revenus des agriculteurs, le désenclavement des régions, et le raccordement aux centres commerciaux. Elles permettraient, également de réduire les pertes post-récoltes, qui atteignent actuellement 40%, alors qu’une réduction de 10% suffirait à stocker 5 millions de tonnes supplémentaires de céréales.

Source : Le Quotidien du mardi 06 mai 2008

INSPECTION ET VERIFICATION DES IMPORTATIONS AU SENEGAL

Publié le 29 avril 2008

La société Cotecna a signé, le 27 février dernier, un nouveau contrat d’inspection avec le gouvernement du Sénégal. Société d’inspection et de vérification des importations, de droit suisse, Cotecna Inspection S.A renforce ainsi sa présence au Sénégal, après un premier appel d’offres remporté dans ce pays en 2001 pour l’inspection avant embarquement, programme élargi par la suite à l’analyse du risque, et un second marché remporté en 2003.
Si la douane sénégalaise était vraiment performante et moderne, il n’y aurait plus de Programme de vérification des importations(Pvi), même élargi, en vigueur depuis 1991 au Sénégal et donc plus de Cotecna, société d’inspection et de vérification des importations, de droit suisse qui exécute ce programme depuis 2001 et qui, chaque année, engrange quelque 4 milliards de nos pauvres francs, pour un marché que la douane sénégalaise pourrait se donner les moyens d’exécuter elle-même. Qu’à cela ne tienne.

Les autorités sénégalaises ont renouvelé, le 27 février dernier, le contrat d’inspection des importations avec Cotecna. Celle-ci fournira ainsi des services d’inspection avant embarquement et d’inspection à destination comprenant des scanners et l’analyse et gestion du risque, ainsi que le suivi électronique du transit douanier.
Il est ainsi question pour Cotecna, à travers ce contrat, de renforcer le programme d’inspection à destination, lancé en 2003, avec l’installation et l’exploitation de trois nouveaux scanners à haute énergie et haute performance (deux Gantry Relocatable et un Portal) à fournir par les chinois de Nuctech Company Ltd, tout en continuant de gérer les deux scanners mobiles existants.
Jusqu’à quand ?

Avec l’avènement du système Orbus, un croisement du Trade point et du système informatisé Gaïndé 2000 de la Douane, qui est entré en vigueur le 1er mars 2005 pour prendre en charge la Déclaration en douane(Dpi) ainsi que l’Attestation de vérification(Av), tache dévolue jusqu’ici à la société Cotecna, le Pvi n’a plus sa raison d’être. Il est vrai
qu’entre les opérateurs économiques et l’administration douanière, les contestations n’ont jamais cessé quant à la détermination de la valeur en douane, malgré l’existence du Pvi exécuté par la société Cotecna, et ils ne sont pas rares les opérateurs économiques qui, selon eux, s’entendaient souvent dire par l’administration douanière : ’l’inspection de Cotecna ne nous lie pas’. Il est vrai que la tache d’inspection et de vérification exécutée par Cotecna a souvent laissé à désirer. Pour la petite histoire, « l’affaire des sacs polypropylène » l’a démontré, en 2003.

Les agents de la Cotecna sont mandatés pour effectuer les inspections, avant embarquement, des marchandises importées au Sénégal. En priorité celles dont la valeur FOB est égale ou supérieure à 3.000.000 de FCfa. Ce qui est généralement le cas des sacs polypropylène qui, pendant longtemps, ont fait l’objet d’une fraude massive à l’importation. Or, ce sont les douaniers sénégalais qui, en prenant la décision de peser les marchandises même quand l’importateur se présentait avec son attestation de vérification et sa déclaration préalable d’importation, avaient découvert le pot-aux-roses.
Les textes étaient pourtant très clairs. En application des dispositions prévues à l’article 18 du Code des Douanes et conformément au décret n° 91-1221 du 14 novembre 1991 portant institution d’un Programme de Vérification des Importations(PVI) sur tout le territoire de la République du Sénégal, et sans préjudice des contrôles institués par la législation et la réglementation en vigueur, « les importations de marchandises au Sénégal doivent, préalablement aux opérations d’embarquement, faire l’objet d’une vérification effectuée par une société de contrôle spécialisée, mandatée à cet effet par l’Etat ( art.2 ) et portant sur : la qualité, la quantité, le prix et l’espèce tarifaire ».
Le trafic en question ferait en tout cas perdre à l’Etat plus de 10 milliards de francs CFA chaque année et coûtait leur emploi à des milliers de Sénégalais. Tout cela pour dire, en fait, que le Pvi lui-même, imposé à beaucoup de pays de la sous-région par les institutions de Bretton Woods, était appelé à disparaître depuis des lustres, et la problématique de sa mise en place était un transfert non pas seulement de technologie, mais de savoir. L’administration douanière devait en réalité, mettre à profit l’existence de ce programme, pour intégrer un fichier complet de valeurs qui lui permettrait de se prendre en charge à ce niveau. Certes le contexte dans lequel le Pvi avait été mis en place était moins compliqué que depuis que la valeur de référence (valeur de Bruxelles) a fait place à la valeur transactionnelle en vigueur depuis 2000.
Cependant, si le Système Informatisé d’Analyse du Risque (SIAR) exclusif de Cotecna est une solution automatisée destinée aux douaniers leur permettant de déterminer le risque encouru dans les transactions commerciales sur la base d’une modélisation économétrique, de même que le suivi électronique du transit douanier de Cotecna est conçu pour suivre à distance les mouvements de véhicules transportant des marchandises en transit, l’objectif devrait demeurer le transfert de technologie et de savoir dans un délai imparti afin que la douane sénégalaise s’en approprie et se modernise, elle-même. Ce serait ainsi quelque 4 milliards de FCfa que l’Etat sénégalais économiserait, ce montant correspondant à celui du marché de l’inspection en question.

Sgs, Véritas, Cotecna

Dans les procédures actuelles d’importation au Sénégal, la Déclaration préalable d’importation(Dpi) représente le sésame pour introduire les marchandises dans le pays. Aussi, toute déclaration en douane enregistrée au Sénégal doit-il obligatoirement mentionner la référence de la Déclaration préalable d’importation(DPI), ainsi que celle de l’Attestation de Vérification(AV) correspondante, émise par la société de contrôle, ou à défaut, faire référence aux exclusions ou limitations à la vérification prévues par le décret, avant embarquement. C’est dans le cadre du Programme de vérification des importations que la société Cotecna, depuis 2001 à l’issue d’un appel d’offres international, avait raflé la mise à Véritas (Bivac international), une autre société d’inspection, pour effectuer une inspection avant embarquement portant sur la qualité, la quantité, le prix et l’espèce tarifaire des marchandises à l’importation, et donc recueillir la déclaration préalable en douane et enfin, émettre la fameuse Attestation de vérification(Av), à l’issue de chaque inspection, à travers un rapport rédigé en français est délivré, attestant les résultats de cette inspection. L’original de ce rapport est transmis à l’importateur et fait partie des documents nécessaires à la recevabilité de la déclaration en douane.
Rappelons que la société d’inspection en question, à l’instar d’autres sociétés d’inspection, possède des représentations dans beaucoup de pays à travers le monde, constituant ainsi un réseau de bureaux. Avant la Cotecna, il y avait la Sgs(Société générale de surveillance) qui était seule à opérer sur le marché de l’inspection des importations au Sénégal. Dans le contexte des élections présidentielles de 2000, le gouvernement avait coupé la poire en deux, mettant en concurrence la Sgs, contestée alors par beaucoup d’importateurs, et Bivac international (Véritas), au terme du mandat de la première. Un an plus tard, le gouvernement changeait encore d’option, préférant ainsi revenir à la première formule qui consistait à ne retenir qu’une seule société. C’est ainsi que Cotecna, qui n’est autre qu’une ancienne filiale suisse de… la Sgs, s’est retrouvée seule sur le marché de l’inspection au Sénégal, au terme d’un processus d’appel d’offres largement contesté.

Source : Sud Quotidien du lundi 28 avril 2008

Grande offensive agricole : Le Sénat sème le blé dans la Vallée du Fleuve

Publié le 29 avril 2008

Avant même que le président de la République ne lance la Grande offensive agricole pour une nourriture en abondance, le Sénat avait déjà donné le la en exploitant un hectare de blé à Témèye, localité située à 5 km du village de Mbane. Un rôle avant-gardiste que les sénateurs entendent maintenir en apportant sa contribution à la mise en œuvre de la Goana.

(Correspondance) – Le Sénat est résolument lancé dans la mise en œuvre de la Grande offensive agricole pour une nourriture en abondance (Goana) prônée par le chef de l’Etat. La deuxième institution de la République du Sénégal ’promet même de jouer un rôle avant-gardiste dans ce vaste élan de lutte pour la souveraineté nationale’, ainsi que l’a laissé entendre Yaya Dia, le président de la commission Développement et aménagement du territoire du Sénat.

L’ingénieur agronome de renseigner que le Sénat va apporter sa contribution dans la phase de mise en œuvre de la Goana. ‘En plus de nos idées et des activités de sensibilisation à mener auprès des populations, nous allons nous transformer en agriculteurs, paysans et pasteurs pour une agriculture abondante au Sénégal’. Chemin faisant, Yaya Dia a rappelé que le Sénat a déjà donné le ‘la’ en exploitant un hectare de blé à Témèye, localité située à 5 km du village de Mbane, dans la communauté rurale de Mbane.

Yaya Dia explique, dans la foulée, que ’dès que le Sénat a été créé, le président Pape Diop m’a dit : M. Dia, il faut qu’on sorte de la tyrannie du blé et du pétrole. Ce qui est remarquable, c’est qu’en l’espace d’une semaine, l’idée a été liée à l’acte et nous avons commencé à mettre en œuvre un hectare de blé en guise de démonstration. Nous faisons la différence entre des tests et une démonstration parce que nous sommes convaincus que c’est faisable. Nous sommes à la phase de démonstration et non des tests. Pour le blé, plus de cent variétés ont été testées à Guédé dans les années 78-79. Les résultats sont là dans la bibliothèque de l’Omvs’, soutient le sénateur. D’ailleurs, à en croire M. Dia, ‘les populations ont fait des bouillies, du couscous, ont commencé à en vendre à leurs voisins mauritaniens et en ont gardé pour leurs semences. C’était donc le début de la Grande offensive agricole avant que le président de la République ne l’ait déclaré. Nous sommes venus pour montrer que nous pouvons le faire et nous l’avons fait’.

A la tête d’une délégation d’une quinzaine de sénateurs qui a sillonné pendant deux jours la Vallée du fleuve Sénégal, Yaya Dia a précisé que ‘le président de la République a commencé sa Grande offensive agricole depuis qu’il a pris le pouvoir. Si vous vous rappelez, il y a eu de grands objectifs pour le reboisement, de grands objectifs avec un million de tonnes de maïs, il y a eu de grands objectifs même pour le dattier et autres. Maintenant, ça a été théorisé’, relève l’ingénieur agronome devenu sénateur. En outre, le président de la commission Développement et aménagement du Sénat soutient que, ‘dans une guerre, si on ne va pas à l’offensive, c’est la défaite. Et, au niveau du Sénat, nous sommes d’accord qu’il faut passer à l’offensive agricole. Et la contribution que le Sénat apporte, c’est la sensibilisation des populations à la base. Il faut qu’on leur montre que cette Goana est possible et que c’est dans leur intérêt. On ne peut pas baisser le coût de la vie si on ne produit pas. On doit produire ce qu’on mange. C’est ça l’idée maîtresse de la Grande offensive agricole pour une nourriture abondante’, poursuit Yaya Dia.

Source : Walfadjri du lundi 29 avril 2008

FACE A LA HAUSSE DES PRIX MONDIAUX DES PRODUITS AGRICOLES, QUELLES SOLUTIONS POUR LE SENEGAL ?

Publié le 28 avril 2008

Les problèmes auxquels sont confrontés les paysans du monde rural sont d’abord d’ordre essentiellement structurel. Ils ne découlent pas de l’évolution présente des marchés internationaux, bien que les ruraux subissent l’inflation généralisée au même titre que les consommateurs urbains. Il convient donc, dans le contexte mondial alarmiste qui règne, de faire preuve de discernement afin d’opérer pour le Sénégal, les meilleurs choix tactiques et stratégiques de sortie de crise face à la situation agricole et alimentaire.

La problématique du secteur agricole et alimentaire est complexe et se présente sous plusieurs aspects : institutionnel, structurel, fonctionnel, etc. Toute intervention, pour être pertinente et adaptée, doit apporter à la fois des solutions conjoncturelles et structurelles, sinon elle est vouée à l’échec à très court terme.

* 1. Au plan institutionnel,

tout se passe comme si le secteur agricole souffrait d’un manque d’expertise et de ressources humaines compétentes, tant la visibilité y est devenue réduite. Pourtant, une expertise agronomique nationale existe, bien qu’elle soit essentiellement concentrée au niveau d’institutions publiques (services des Ministères, ISRA, ANCAR) davantage orientées vers l’administration, la recherche et l’encadrement du secteur agricole. Très peu d’ingénieurs et de techniciens sont engagés dans le secteur privé productif, y compris les experts travaillant au niveau des organisations professionnelles des agriculteurs ; ce qui explique peut être la propension des décideurs politiques à privilégier une approche « top-down » qui n’est pas toujours la meilleure.
Malgré le consensus sur la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, cadre actuel de la politique de développement rural, l’Etat et des organisations paysannes faîtières telles que le CNCR ne sont pas en phase sur la conception et la mise en oeuvre des programmes et plans d’actions. Les principaux points saillants d’achoppement sont :

– les modalités de participation des organisations faîtières paysannes à la prise des décisions stratégiques ; – la place réservée à l’agriculture paysanne familiale dans les programmes d’action ; etc.

– Le déficit de communication et les conflits de compétences qui caractérisent leurs relations rendent difficile la coopération entre les deux parties. Or, la participation du secteur privé rural est indispensable à la mise en oeuvre et au succès des programmes initiés par l’Etat.

– Les conflits de compétences résultent souvent d’une méconnaissance des rôles respectifs des acteurs. Le rôle de l’Etat en tant que concepteur et facilitateur, a été pourtant bien délimité depuis la formulation de la Nouvelle politique agricole en 1985, et a été réaffirmé dans le document stratégique de Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale de 2004 qui stipule : ´la politique conduite par l’Etat dans le domaine du développement agro-sylvo-pastoral est marquée par le retrait progressif de l’Etat et est conforme aux principes de recentrage de ses missions sur des fonctions régaliennes, de poursuite de la politique de décentralisation, d’amélioration du cadre et des conditions de vie en milieu rural, ainsi que de création d’un environnement propice aux investissements privés en milieu rural.

Il faut donc retenir d’une part, qu’il appartient bien à l’Etat de définir les orientations nationales du secteur agricole, d’opérer ses choix stratégiques sectoriels et de planifier les programmes nationaux. Il est évident que la concertation avec les partenaires et tous les opérateurs économiques est nécessaire avant la mise en oeuvre des programmes. C’est à ce titre que la communication fait partie intégrante du rôle bien compris de planificateur et d’animateur qui est celui de l’Etat. A ce niveau, l’Etat doit faire beaucoup d’effort et développer davantage une capacité d’écoute des OP paysannes. Sans renoncer à ses choix stratégiques, l’Etat peut indiquer au paysannat la place importante qu’il doit occuper à court terme dans le dispositif, une fois ses capacités techniques renforcées ; ainsi que les formidables opportunités qui se présenteront à moyen et long terme pour les exploitations familiales.

D’autre part, dans le cadre de la mise en oeuvre et de l’opérationalisation des programmes, les initiatives majeures doivent être cédées aux opérateurs privés et à leurs OP, notamment en ce qui concerne la définition des modalités pratiques de réalisation et d’encadrement. Tout ceci bien entendu en partage et sous le contrôle de l’autorité administrative décentralisée.
Les OP paysannes, même si elles ne sont pas convaincues des orientations stratégiques de l’Etat, sont souvent d’accord sur les objectifs. Ils peuvent donc s’approprier le dispositif de mise en oeuvre des programmes de façon professionnelle de manière à l’intégrer dans les systèmes de production traditionnels, en adaptant les transferts de technologie à la taille des exploitations qui, de toute façon, doivent évoluer vers des systèmes modernes. Par exemple : les nouvelles technologies de la bio-énergie, de la micro-irrigation, les produits ethniques de niches (produits Bio ; GIPD,..), trouvent en fait leurs meilleures applications dans les exploitations agricoles de petite taille.

Il est clair que la délimitation des principaux rôles (planification, mise en oeuvre et encadrement) ne peut être nettement tranchée tant les capacités techniques et financières font souvent défaut surtout pour les opérateurs privés ruraux. Ce qui, malheureusement, constitue souvent prétexte pour certains acteurs étatiques à s’accaparer des rôles normalement dévolus au secteur privé. Une fois qu’ils ont démontré leurs capacités de bonne gestion, les ressources spécifiques allouées doivent être transférées au secteur privé rural ; à charge pour les services d’encadrement d’assurer le suivi et l’évaluation ex-post.

2. Sur le plan structurel,

le schéma d’intervention proposé par le PSAOP ne semble pas être en cohérence avec les nouvelles orientations de politique agricole du Gouvernement ; le dispositif n’a pas été conçu pour prendre en charge la mise en oeuvre des programmes opérationnels tels que le plan REVA ou le GOANA. Toutefois, les modes d’appui et de soutien peuvent être revus et adaptés de manière à accompagner efficacement les nouveaux programmes.

L’ANCAR se veut une structure d’encadrement essentiellement orientée vers l’appui et le conseil technique aux producteurs paysans. Or, les Plans de développement de l’Agriculture et de l’Èlevage (PNDA et PNDE ) que l’Etat a formulés dans la LOASP, et qui sont entrain d’être mis en oeuvre, privilégient le modèle de l’entreprise agricole. Par conséquent, les missions et activités de l’ANCAR doivent être repensées dans le cadre de l’ingénierie-conseil et du management d’entreprise dans toutes ses dimensions (finance, production, qualité, conditionnement, transformation marketing, exportation, ). De même, une structure comme le FNRAA pourrait, pour davantage de cohérence avec les PNDA et PNDE, mettre encore l’accent sur des projets d’activités novatrices, de développement ou de vulgarisation de nouveaux produits, voire sur la formation (par exemple au niveau Centres polyvalents de formation des producteurs).

Pour mieux comprendre les dysfonctionnements institutionnels et structurels qui les causes fondamentales de contre-performances du secteur agricole, il est utile de connaître l’évolution de cet important secteur économique et les mutations qu’il a subies depuis ces vingt-cinq dernières années (voir encadré).
Encadré : Résumé de l’évolution des politiques menées dans le secteur agricole au Sénégal de 1980 à 2008

Les difficultés du secteur agricole et du monde rural depuis le démantèlement du système étatique au début des années 80, trouvent leur origine dans l’absence de souveraineté affirmée en matière de politique agricole, d’une part ; et d’autre part dans le manque de solidarité (voire de générosité) des pouvoirs publics vis-à-vis du monde rural . Le développement du monde rural a été déconnecté de celui du secteur agricole depuis l’avènement de la NPA qui a consacré en 1985 le désengagement de l’Etat, la libéralisation des marchés, la responsabilisation des paysans, etc. Après avoir déstructuré le système d’encadrement du secteur agricole, la mise en oeuvre de cette politique n’a offert en réalité aucune perspective concrète de développement au monde rural. Et l’on s’est contenté de croire la théorie de la Banque mondiale qui voulait que les lois du marché favorisent la croissance du secteur agricole qui de facto allait induire le développement du monde rural.
Cela ne s’est pas vérifié dans le contexte du Sénégal : car la libéralisation a plus favorisé les importations que les productions agricoles ; et ce, au détriment du monde rural qui s’est plutôt paupérisé. Ensuite, le chage de l’encadrement agricole et rural a eu des conséquences désastreuses sur le niveau de formation des ruraux et sur l’environnement écologique (dégradation des ressources ligneuses et herbacées et des sols).
L’effet d’entraînement attendu du secteur agricole sur le développement rural n’a pas été vérifié. Comme on le constate depuis une vingtaine d’années, les nombreux programmes et projets de développement agricole réalisés ont eu très peu d’impact sur l’amélioration des conditions de vie en milieu rural ; même durant les périodes une diversification et une augmentation relativement importantes des productions agricoles ont été réalisées.
Cela résulte du fait qu’aucun plan de développement rural durable, renfermant la fois les conditions de croissance de l’Agriculture et celles des secteurs non agricoles du milieu rural, n’a été élaboré et mis en oeuvre.
Pendant longtemps les partenaires au développement et les bailleurs de fonds ont considéré que le Sénégal ne disposait pas de véritable politique de développement agricole et rural, nonobstant le PASA et le PISA. C’est ainsi que, encore sous l’égide de la Banque mondiale, le GRS a été crée pour reformuler de Nouvelles orientations et stratégies pour une agriculture sénégalaise, compétitive et durable en 1998. Ces orientations ont, pour l’essentiel, réaffirmé les options de désengagement/libéralisation, mais elles ont aussi replacé les paysans et leur OP, ainsi que la Recherche et le Conseil agricole, au cour d’un nouveau dispositif, le PSAOP qui a donné naissance au FNRAA et l’ANCAR.
Le GRS a eu au moins le mérite de relever deux manquements extrêmement importants :

1) que les politiques agricoles antérieures n’étaient inclusives, car ne prenant pas en compte les acteurs économiques situés en amont et en aval de la production, c’est-à-dire, les services, le commerce et l’industrie) ;

2) l’absence de véritables plans de développement agricole présentant les stratégies permettant d’identifier et d’élaborer les programmes d’investissement et les projets. C’est ainsi que le GRS s’est investi dans la formulation de multiples stratégies @court long et moyens termes, qui sont certes pertinentes mais n’ont pas débouché sur l’élaboration d’un plan d’action global et concret vers la modernisation de notre Agriculture, vision que le GRS a pourtant défendue. Enfin en Juin 2004, une loi dite d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP) a été votée pour constituer le fondement de la politique de développement rural. Elle comporte trois Plans de développement opérationnels : le PNDA, le PAFS et le PNDE. Les innovations majeures portent sur la volonté exprimée de procéder une réforme foncière et ‡ la définition de cadres juridiques pour l’exercice des métiers agricoles, et de favoriser les investissements en milieu rural. La LOASP prune également l’intensification agricole travers la création d’unités de production modernes.

3. Sur le plan des performances, l’Agriculture sénégalaise a amorcé une tendance au déclin depuis le milieu des années í80 ; tendance qui s’estompe durant la brève période de 1999-2002, pour reprendre de plus belle en 2003. Point n’est besoin de faire des statistiques pour montrer que les différents gouvernements qui se sont succédé ont fait des efforts qui se sont soldés avec plus ou moins de bonheur. Mais ce qu’il faut surtout retenir c’est travers les différentes mutations qui ont jalonné l’évolution de la politique agricole du Sénégal (voir encadré), la tendance la libéralisation et au désengagement de l’Etat (= allégement de l’encadrement agricole et privatisations des agro-industries) a été constamment affirmée ; il est vrai sous la pression de la Banque mondiale. Mais depuis 2004 devant le marasme du monde rural et les résultats de la privatisation de la SONACOS, l’Etat semble avoir pris du recul par rapport aux directives d’orientation de la Banque mondiale et avoir décidé enfin de prendre le destin de son secteur agricole entre ses propres mains. C’est sous cet angle qu’il convient de lire et d’analyser la genèse d’un certain nombre de programmes agricoles nationaux (j’insiste) initiés par l’Etat ; il s’agit des CPFP, des programme maïs et manioc du Plan REVA et actuellement du programme GOANA.

De la pertinence du Plan REVA

Le plan REVA, tout comme les CPFP, est une réponse structurelle la problématique du secteur agricole. L’opportunité et la pertinence doivent être appréciées selon le degré de cohérence par rapport aux orientations et stratégies de la politique définie dans la LOASP.
Malgré les circonstances qui ont prévalu sa conception, le but du Plan REVA n’est pas seulement de lutter contre l’émigration des jeunes et l’exode rural en fournissant des emplois. Il n’est pas non plus un simple programme d’investissement visant ‡ augmenter les productions agricoles.
Le Plan REVA doit être considéré comme un élément central du PNDA et du PNDE, c’est-à-dire comme un outil de développement agricole et rural qui concerne tous les segments économiques et socioprofessionnels, ainsi que tous les cadres institutionnels du monde rural.
Sa portée dépasse le seul secteur agricole qui constitue la ´†rampe de lancement†ª pour un décollage de l’économie en milieu rural, à travers l’entraînement des systèmes de production traditionnels vers des systèmes plus intensifs, et leur intégration dans les sphères agro-industrielles et agro-alimentaires de l’économie nationale.
Dès lors que tous les acteurs nationaux du secteur agricole et rural (Etat, Organisations professionnelles, Agriculteurs et Techniciens) se sont accordés sur le diagnostic du secteur et sur les nouvelles orientations de développement rural définies dans la Loi Agro-sylvo-pastorale, l’opportunité d’un Plan d’actions opérationnel n’est plus poser. Car pour passer de la définition et des orientations politiques à la réalisation de projets concrets, il faut bien un Plan d’opérations.
Conduire invariablement des campagnes agricoles successives à travers le financement des intrants et de la commercialisation de l’arachide, ne peut tenir lieu de politique de développement agricole sérieuse ; et cette pratique finirait par confiner le développement agricole et le monde rural dans une politique de subsistance et de survie alimentaire.
L’absence d’un plan global de développement rural, comme suite ‡ la LOASP, signifierait que nous n’avons pas avancé depuis 1998, date ‡ laquelle il a été constaté que l’Etat ne disposait pas réellement de plan opérationnel de développement agricole.
En définitive, on peut dire que le Plan REVA, vu sous cet angle, est non seulement une initiative opportune pour avoir été depuis fort longtemps un ´chaînon manquant de la politique agricole†du Sénégal ; mais il est également en cohérence et en conformité avec les nouvelles orientations de cette politique agricole qui prune l’intensification à travers la création d’entreprises et d’unités de production agricole modernes.

De l’opportunité du programme GOANA

Les programmes de production (maïs, manioc, bissap, riz, fonio, lait, viande, etc.), dans lesquels il convient de ranger le ´†GOANA†ª, sont d’ordre conjoncturel et doivent être pérennisés dans le cadre des structures comme celle des CPFP, du plan REVA, et de bien d’autres à réadapter (ANCAR, FNRAA,…) et ‡ créer. Leur faisabilité technique ne peut pas être en cause, car il s’agit de cultures et de produits animaux bien connus et adaptés à notre écologie, et dont les moyens et facteurs de production existent. Par contre, vu l’envergure des programmes, il est important d’étudier leur factibilité (factibility), c’est-à-dire, chercher ‡ savoir quel sera l’impact environnemental et social et quel sera le rapport co˚t/avantage. Ces études doivent permettre de définir la structuration de l’organisation†qui doit prendre en charge les programmes ; d’identifier les rôles et les interventions requises pour une planification de la mise en oeuvre.
L’opportunité du GOANA et sa capacité de constituer une réponse conjoncturelle efficace contre la hausse des prix mondiaux et la pénurie des produits agricoles seront démontrées si le programme est assuré :

• de la disponibilité des ressources humaines et des acteurs institutionnels adéquats, ainsi que de la maîtrise technique ;

• de la prise en compte des situations environnementales et sociales† ;

• de l’efficacité économique (continuité et diversification des productions)† ;

• de moyens de financement suffisants.
Conclusions et Recommandations
Au terme de cette contribution, notre conviction est que le Sénégal doit, pour sortir de la crise agro-alimentaire qui menace le monde, conduire sa politique agricole et rurale sur la base des quatre piliers suivants :

• la nécessité d’une continuité dans la vision à long terme des politiques agricoles ; le monde rural n’est pas seulement l’agriculture, car les industries agroalimentaires et -*agrochimiques ont aussi vocation à s’y développer ;

• la qualité d’un plan de développement repose avant tout sur la justesse de la conception et la pertinence des stratégies ;

• la réussite d’un programme développement agricole est toujours tributaire de la volonté politique du gouvernement et de l’adhésion des acteurs.

Organisation mondiale du Commerce

• Institut Sénégalais de Recherches Agricoles

• Agence National du Conseil Agricole et Rural

• Conseil national de concertation et de coopération des ruraux

• Gestion intégrée de la production et des déprédateurs

• PSAOP : Programme de soutien des services agricoles et d’appui aux organisations professionnelles

• Retour vers l ‘Agriculture

• Plan national de développement de l’agriculture

• Plan national de développement de l’élevage

• Fonds national de recherches agricoles et agroalimentaires

Par les termes ´†ambition et générosité(= yeene en wolof) nous voulons signifier que les pouvoirs publics n’ont jamais envisagé l’enrichissement des agriculteurs-paysans (= badolos en wolof) comme étant un levier de développement, comme ils l’ont fait pour la petite bourgeoisie urbaine. Or c’est que là réside en grande partie la stratégie de développement agricole des pays du Nord (cf. la politique agricole commune européenne (PAC)).
Nouvelle Politique Agricole
Programme d’Ajustement du Secteur Agricole Programme d’Investissement du Secteur Agricole Groupe de Réflexion Stratégique
Plan d’action forestier et sylvicole
Centre Polyvalent de Formation des Producteurs ruraux : prévu dans chaque département ; une dizaine a été déjà construite.

Source : Sudquotidien du vendredi 24 avril 2008.

CRISE ALIMENTAIRE : GOANA ou la pluie des milliards

Publié le 25 avril 2008

Le Président de la république explique le demi-succès du programme spécial maïs par le retard dans les prises de décision. Pourtant, le projet GOANA est lancé à peu près à la même période. Le programme maïs avait coûté entre 10 et 15 milliards de francs CFA, d’après les prix annoncés à l’époque pour un objectif de production de départ de 1 million de tonnes. Si on applique le montant de 10 milliards aux objectifs actuels de production, on peut très grossièrement estimer le prix du projet GOANA à au moins 80 100 milliards de francs CFA (on ne prend pas en compte les coûts de production du lait et de la viande, par contre les coûts de production du riz dans des systèmes motorisés sont beaucoup plus élevés que ceux des céréales en pluvial et les prix du carburant et des engrais ont augmenté depuis 2003). C’est un investissement énorme, mais qui, il faut l’admettre, est à la hauteur des enjeux s’il n’est pas fait sur une année mais étalé sur plusieurs.

L’échéance fixée par le chef de l’Etat, hivernage et saison sèche prochains, a de quoi rendre « ahuri ». Il ne sera pas possible de mettre en place à temps tous les intrants agricoles. Vouloir le faire aura des conséquences très négatives pour les finances publiques et pour les citoyens qui paient l’impôt. Et, dans une telle situation, il est sûr que la passation des marchés se fera de gré à gré comme cela a été le cas avec les programmes spéciaux. Des entreprises sans référence, sans service après vente, sans réseau de distribution et sans surface financière seront, sans doute, les attributaires de ces marchés avec tous les soupçons de corruption, de surfacturation, de retards et d’erreurs de livraison. Pendant ce temps, les entreprises établies depuis longtemps, ayant investi dans la création de réseaux de distribution, de service après vente, de formation des producteurs seront encore laissées en rade. L’administration va profiter de cette précipitation pour parcourir les campagnes de long en large à coûts de frais de mission et de carburant. Nous avons visité la plupart des régions du début à la fin de l’hivernage en 2003. Nous en discutions encore il y a quinze jours avec les leaders d’une organisation paysanne. Cela fait plus de trente ans que nous travaillons dans le secteur agricole. Nous n’avons jamais vu une telle gabegie et personne ne peut nous persuader que ce ne sera pas encore le cas. La corruption, les détournements de deniers publics, les gaspillages seront au rendez-vous de GOANA.
Une autre conséquence de GOANA sera la désorganisation de l’administration et des institutions qui s’occupent de l’agriculture et du monde rural. Le Président de la république ayant « instruit », tout le monde ne s’occupera que de GOANA, oubliées l’arachide, le coton, la tomate, l’oignon, les autres cultures et les autres activités indispensables pour le monde rural.
Ce n’est pas seulement la SUNEOR qui est déjà dans de graves difficultés, la SODEFITEX qui malgré ses efforts, subit les conséquences du faible prix du coton, l’ANCAR qui peine à décoller, l’ISRA que ses chercheurs abandonnent, la SOCAS qui a des difficultés à maintenir un élan prometteur pour le pays, ce sont aussi la CNCAS et les organismes de micro crédit qui vont souffrir. Les productions vont chuter, les dettes ne seront pas payées. Pourquoi payer quand l’Etat fait cadeau ? Les efforts longs et difficiles pour habituer les producteurs à ne prendre du crédit que quand ils peuvent payer et à respecter les échéances de remboursement vont être perdus.

Des libéraux partisans de l’économie administrée

On doit d’ailleurs se demander pourquoi l’arachide, la tomate, le coton, etc ne font pas partie du projet GOANA. Nous importons plus d’huile végétale pour nos besoins alimentaires que nous exportons d’huile d’arachide et les prix flambent aussi sur le marché international. Le tourteau d’arachide et le tourteau de coton sont des aliments de bétail excellents et bon marché si on veut produire du lait et de la viande. La tomate concentrée, l’oignon, la pomme de terre et beaucoup d’autres produits font partie des produits de base que nous consommons et leurs cours mondiaux augmentent. Il n’y a aucune raison de les exclure. Cela pourra paraître paradoxal pour ceux qui ne connaissent pas bien l’économie agricole, mais en termes d’autosuffisance alimentaire et compte tenu de nos potentialités agricoles et de nos contraintes, il serait beaucoup plus efficace de miser sur ces produits que sur le manioc ou le maïs. Une des erreurs fondamentales du projet GOANA est de vouloir décider à la place des paysans de ce qu’ils doivent produire. C’est une erreur constante de l’Alternance. Le producteur agricole est le meilleur arbitre de ses choix. Il faut l’informer, notamment sur les demandes et les prix du marché et le laisser décider de ses choix de production. Ce n’est pas à l’Etat d’en décider. Le producteur a besoin de produire pour sa propre consommation, mais il a aussi besoin d’argent pour ses besoins, y compris de nourriture. Avec le projet GOANA, ceux qui nous dirigent et qui se disent des libéraux sont, en fait, des partisans de l’économie administrée.
Ainsi, au lieu d’aider les producteurs à saisir les opportunités du marché, l’Etat risque de désorganiser notre économie agricole pour plusieurs années. Les filières arachide, coton, tomate risquent d’être les grandes perdantes de GOANA. Espérons que les producteurs ne vont pas suivre les décisions de l’Etat et vont prendre leurs propres décisions en toute connaissance de cause car c’est eux qui gagneront ou qui perdront.

Une autre conséquence du projet GOANA concerne le foncier.

Le Président de la république a instruit les gouverneurs, préfets, sous préfets de donner la terre à « ceux qui peuvent l’exploiter ». Cela est illégal. D’après la loi, seuls les conseils ruraux peuvent affecter les terres du domaine national après approbation du sous-préfet et l’affectation ne peut être faite qu’à des résidents de la communauté rurale, donc pas à des ministres, hauts fonctionnaires ou autres absentéistes. Ils vont faire cultiver des paysans en les prenant comme ouvriers agricoles et, bien sûr, en les exploitant. Cela est inefficace car on ne voit pas comment un ministre serait un meilleur producteur agricole qu’un paysan dont la famille est établie sur place et cultive la terre depuis des générations. Cela est injuste et inéquitable. Beaucoup de paysans ne se laisseront pas faire et les risques de conflits sont réels si les autorités administratives et les élus locaux s’aventurent à prendre des terres pour les donner à de soi-disant entrepreneurs agricoles. Quand le Président de la république dit qu’il ne veut, « en passant sur la route, voir des terres non défrichées, non cultivées », cela est très inquiétant. Au Sénégal, la quasi-totalité des terres cultivables ont été défrichées depuis belle lurette. Ce sont les forêts classées qui sont aujourd’hui envahies par des personnes puissantes, ayant des appuis politiques. Ce sont ces forêts classées qui sont en voie de disparition et que l’Etat devrait protéger au lieu de favoriser leur disparition. Les quelques jachères que l’on peut voir le long des routes n’ont pas été semées par manque de semences ou parce que les semis avec des semences de mauvaise qualité n’ont pas germé. Depuis le début de l’alternance, le régime donne l’impression qu’il y a abondance de terres au Sénégal, que les paysans sont incapables de les mettre en valeur et qu’il faut un « retour à l’agriculture » pour les mettre en valeur. L’idée de faire émerger une génération spontanée d’entrepreneurs agricoles est, aussi, obsédante dans la pensée des plus hautes autorités de l’Etat. L’abondance de terres et la génération spontanée d’entrepreneurs sont de fausses bonnes idées. Mais elles peuvent provoquer des conflits et aggraver les injustices et les inefficacités. GOANA ne mobilisera pas les paysans sénégalais avec des idées aussi menaçantes pour eux et leurs familles. GOANA ne doit pas être une aubaine pour les spéculateurs fonciers, ni pour les gros producteurs.

Les organisations paysannes face à leurs responsabilités

Les organisations de producteurs ont une grande responsabilité sur toutes les questions ci-dessus. L’Etat ne les a pas associées à l’élaboration du projet. Rien ne les empêche de s’en saisir et d’en faire une analyse sérieuse, y compris en se faisant aider par des experts. Ils doivent se prononcer très clairement sur le projet, sa pertinence, sa faisabilité technique, son efficacité économique et son équité sociale. Comme pour les programmes spéciaux et le plan REVA, ils vont rencontrer d’énormes difficultés. Comment expliquer à un petit producteur que le projet n’est pas bon ou doit être redéfini quand celui-ci reçoit gratuitement ou presque des semences, des engrais, des produits chimiques et du matériel agricole ? Il va prendre les cadeaux de l’Etat quitte pour certains à faire ce qu’ils veulent. Les leaders les plus lucides et les plus courageux seront taxés d’opposants. Nous avons vu et vécu tout cela avec les programmes spéciaux et le plan REVA. Cela va encore affaiblir les organisations de producteurs comme les autres institutions du secteur. Certaines organisations vont négocier en se compromettant, sur le dos des vrais intérêts de leurs mandants.

Faire face à la crise alimentaire et à la crise agricole et rurale

Il n’et pas possible, dans cet article, d’entrer dans les détails. Nous nous contentons de proposer quelques grandes orientations. Au Sénégal, la crise alimentaire a été précédée par une crise agricole et rurale qui a commencé à la fin des années 1970. On ne pourra pas surmonter la première sans résoudre la deuxième. Dans ses multiples déclarations et décisions de politique agricole, les plus hautes autorités de l’Etat n’ont pas démontré une compréhension correcte de l’agriculture sénégalaise et du monde rural. Elles n’ont, non plus, élaboré une vision crédible du développement agricole et rural. Leur vision est plutôt celle d’une agriculture entrepreneuriale, d’un développement agricole sans les paysans. Il est symptomatique que, dans sa conférence de presse, le président de la république n’ait pas eu un seul mot de compassion pour les paysans. La plupart sont tenaillés par la faim en ce moment. C’est en milieu rural, qu’il y a le plus de sénégalais en dessous du seuil de la pauvreté. Peu ont accès à l’électricité, à l’eau potable. Beaucoup sont analphabètes et encore trop d’enfants n’ont pas accès à l’école. Beaucoup de femmes accouchent sans la présence d’un personnel médical. Il ne sera pas possible de les mobiliser pour une grande offensive agricole, sans apporter de réponses à leurs problèmes. Le président de la république sous estime l’Etat de découragement, de démotivation et de désorganisation dans lequel se trouvent les administrations et les institutions chargées du développement agricole et rural. Les changements incessants de ministres, des nominations qui n’ont rien à voir avec la compétence et l’expérience, des programmes spéciaux à tour de bras donnent à beaucoup le sentiment que l’opportunisme et le clientélisme sont plus payants que le travail. Peut-on mobiliser un personnel démotivé pour une grande offensive ? Ces questions doivent être prises en compte sinon ce sera l’échec assuré.

Il faut des réponses urgentes à la crise alimentaire et à la crise agricole et rurale et des réponses à moyen et long termes.

Les réponses urgentes doivent viser à faciliter l’accès à une nourriture saine et en quantité suffisante à toutes les personnes qui en ont besoin et donc aux sénégalais en dessous du seuil de pauvreté ou qui en sont proches. L’Etat a déjà pris des mesures : suppressions des droits de porte à l’importation et de la TVA, baisse des impôts sur les salaires. Cela ne suffit pas car les hausses de prix à l’importation vont se poursuivre. Même si cela n’est pas très agréable, l’Etat doit écouter les partenaires au développement. Il faut que les prochaines mesures ciblent les personnes les plus défavorisées, celles qui en ont le plus besoin et ce n’est pas en disant, comme le ministre des finances, que « le budget de l’Etat du Sénégal est pro-pauvres » qu’on va y arriver. Il est facile de démontrer que ce budget est plus favorable aux riches, aux salariés et aux habitants des villes, notamment les subventions pour l’électricité, le gaz, l’eau, le carburant. Dans les banlieues des villes, dans les campagnes, il y a des familles qui souffrent durement. Leur souci est un problème d’accès à la nourriture. Le riz, l’huile, le lait, le pain sont présents dans les magasins et les boutiques mais ils ne peuvent pas acheter ou ils doivent réduire leurs achats et donc leur consommation. Les pharmacies sont ouvertes et approvisionnées, mais ils ne peuvent payer les ordonnances médicales. L’urgence est donc de les aider à accéder à ces produits de première nécessité. Si nous ne pouvons plus agir sur les prix, il faut trouver des moyens d’augmenter leur pouvoir d’achat. Ce n’est pas simple pour des gens qui n’ont pas de bulletin de salaire, qui sont dans l’informel et qui ne sont pas inscrits au registre des impôts. On ne peut augmenter leurs salaires, on ne peut leur verser des crédits d’impôts ou des allocations familiales. Beaucoup n’ont pas de compteur d’eau ou d’électricité. Il nous faut inventer des moyens pour les toucher et les aider. C’est un grand défi pour notre administration bureaucratique et qui ne connaît que le secteur formel. Des solutions existent cependant à nous de les trouver et de les mettre en œuvre de toute urgence, sinon la famine sera, pour la première fois de l’histoire du Sénégal indépendant, présente.

La deuxième urgence concerne la production agricole pour l’hivernage qui s’annonce. C’est demain, dans un mois à Kolda, à Kédougou et Oussouye. Il faut distribuer, pas gratuitement, mais à des prix fortement subventionnés et à crédit, le maximum d’intrants agricoles pour permettre aux producteurs d’emblaver le maximum de terres, mais dans des conditions raisonnables de succès. Distribuer de l’engrais et des semences fin juillet n’a pas de sens. Ce qui ne peut pas être en place dans les villages mi-juillet ne devrait pas être distribué mais stocké pour la prochaine campagne. Surtout, l’Etat doit laisser les producteurs faire leurs choix de production. Il faut simplement les informer régulièrement sur les prix des produits sur le marché national et le marché international pour qu’ils fassent de bons choix. Pour les produits dont les prix sont négociés à l’avance comme le coton, l’arachide, il faut dès maintenant annoncer des prix minimum d’achat. Enfin, il faut réduire au strict minimum, l’implication de l’administration dans la campagne agricole, notamment dans la mise en place et la distribution des intrants agricoles. Que l’Etat laisse le secteur privé faire son travail et que les organisations paysannes soient présentes pour que leurs adhérents ne soient pas lésés.

Sur le moyen et le long terme, que le Président de la république fasse appel et fasse confiance à l’expertise sénégalaise. Elle existe, elle est citoyenne, elle est solidaire. Cette expertise peut dans des délais courts, quelques mois, élaborer et proposer aux plus hautes autorités du pays, mais aussi à l’ensemble des citoyens un projet ambitieux qui sera publiquement débattus avant d’être soumis à ceux que le peuple a élu et qui ont la légitimité de décider en dernier ressort.

Source : Sud Quotidien du 25 avril 2008.

MICROFINANCE : 110 milliards de crédit octroyés en 2007

L’association des institutions de la micro finance veut consolider son rôle de plus en plus important dans le système financier sénégalais. Elle est encouragée par la progression des activités marquée par une croissance de l’ordre de 33 % des crédits octroyés l’année dernière.

Publié le 25 avril 2008

Le secteur de la micro finance a octroyé 110 milliards FCFA de crédit en 2007, a révélé l’Association des professionnelles du secteur désormais dénommée Apsfd, lors de son assemblée générale à Dakar.

Selon l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (ex-Apimec), l’encours des créances a augmenté de 33 % par rapport à 2006 (90 milliards FCFA). De même, le nombre de bénéficiaires est passé à 940 334 l’an dernier représentant 5 % de croissance sur la période considérée du 31 décembre 2006 au 30 novembre 2007.
Ces progressions montrent le développement de la micro finance au Sénégal au sein de laquelle l’Apsfd est un acteur majeur avec 96 % des bénéficiaires. Et 12 ans après sa création l’association entend fouetter sa croissance en adoptant au sortir de sa deuxième assemblée générale du genre en adoptant de nouveaux statuts et règlement intérieur ainsi qu’un code de déontologie des Sfd. De même, l’Apimec travaille à la signature d’une convention collective des métiers du secteur.Ces perspectives ne font pas perdre de vue que l’association reste « fragile » à en croire Mamadou Touré, président sortant reconduit pour 2 ans encore. Il a indiqué que l’Apimec doit « renforcer son administration, tendre vers son autonomie financière et surtout œuvrer à une meilleure satisfaction des besoins de ses membres ». Il a précisé que ce sera l’un des chantiers prioritaires du nouveau mandat, marqué par un plan stratégique.

La représentante du ministre de l’Economie et des finances, Mme Fayol Tall Dioum, a salué l’ambition déclarée de l’association professionnelle des systèmes financiers décentralisés dont le travail a pris une autre dimension avec les opérations de transfert d’argent et de domiciliation de salaires. Mme Tall Dioum a souligné cependant la nécessité d’un contrôle des agréments et la mise en place d’un Sfd pour éviter la saturation. Elle a exhorté l’Apsfd à travailler pour l’intégration des structures de micro finance dans le système financier global, et à jouer sa partition dans la vulgarisation de la lettre de politique du secteur, à l’élaboration de laquelle a participé l’association.

Pour sa part, le mandataire du ministre de la Micro finance, a relevé que l’association des institutions du secteur œuvre dans le sens promu par le gouvernement. C’est pourquoi, ajoute la tutelle, l’ex-Apimec bénéficie du soutien de l’Etat estimé à près de 94 millions FCFA depuis 2006, auxquels suivront pour cette année 38 millions dans le cadre de l’appui à la lettre de politique sectorielle (Palps) et 65 millions provenant du programme d’appui à la micro finance (Pamif).

La micro finance, a rappelé le représentant du ministre Awa Ndiaye, est reconnue comme un des leviers les « plus efficaces » pour la lutte contre la pauvreté fixée dans l’agenda des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Source : Le Soleil du jeudi 24 avril 2008

PRODUCTION DE BIOCOMBUSTIBLES : Les risques qui menacent les petits producteurs

Publié le 24 avril 2008

La production de biocombustibles proposée comme alternative à la crise énergétique est perçue comme une opportunité pour les petits producteurs. Un indicateur qui risque de provoquer la réduction des terres destinées aux produits de base pour l’alimentation et une menace pour l’environnement. Les paysans africains qui vont se lancer dans la production de biocombustibles devront en tout cas, de leur côté, faire face à la certification des productions

Envoyé spécial- « Les biocombustibles : perspectives et risques pour les petits producteurs des pays en développement ». C’est autour de ce thème que s’est tenu, ce mardi 22 avril à Accra-Ghana, dans le cadre de la douzième session de la Conférence des nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), une réunion spéciale ayant réuni des pays qui ont une grande expérience dans l’exploitation des biocombustibles. Ainsi, sur la base de leur expérience, un certain nombre de problèmes qui peuvent se poser aux petits producteurs ont été soulevés. Ce qui devrait permettre aux pays comme le Sénégal qui se lance dans cette nouvelle exploitation et qui vient d’abriter une Conférence internationale sur les énergies renouvelables en Afrique(Ciera), du 16 au 18 avril dernier, de pouvoir s’orienter et savoir comment se tenir face aux probables obstacles, mais surtout avec l’arrivée de multinationales qui vont mettre la pression sur les producteurs africains pour exploiter cette nouvelle niche.
Un responsable d’organisation de la société civile africaine engagée dans le développement durable, M. Joseph Saunci, pense que la production de biocombustibles doit être encouragée, dans la mesure où, les modes de culture nécessaires vont transformer les paysans pauvres en « personnes riches ». Pour lui, le contexte actuel d’épuisement des réserves pétrolières oblige à se lancer dans la culture de jatropha, par exemple. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les accords que le Brésil a signés avec le Nigeria et le Ghana. Des joint-ventures qui, selon M. Joseph Saunci, vont créer des emplois et donner des opportunités aux entreprises locales qui s’activent dans la fourniture de matériaux électriques. M. Saunci pense que les « nombreuses » opportunités du biocarburant doivent être analysées d’une manière critique. Dans cette dynamique d’adaptation des exigences mondiales, ce responsable de la société civile africaine pense qu’ « il ne faut pas oublier que l’Afrique a une tradition culturale qui se résumait au cacao, à l’arachide et autres. » A son avis, il est nécessaire d’organiser le dialogue entre producteurs et société civile africaine sur les opportunités et risques de la production des biocombustibles.

Les craintes soulevées dans le cadre de l’exploitation de jatropha en Afrique sont liées à l’absence de politiques claires dans ce domaine. En dehors de cet obstacle, la production de bio combustibles, selon les réserves, doit faire face au problème de l’accès à la terre. Déjà, ce secteur est accusé par certains acteurs d’être à l’origine de la crise alimentaire qui sévit actuellement dans le monde. M. Joseph Saunci informe qu’en Tanzanie, un millier de producteurs ont été expulsés de leurs terres à cause de la culture du jatropha. Ce qui fait dire au ministre mozambicain de la Planification et du développement, M. Victor Bernardo, que l’Afrique veut jouer un rôle essentiel dans ce business mais pas être à la traîne. « Notre principal souci, c’est la nourriture, mais toutes les opportunités sont très importantes pour notre économie ».
Cette posture qui place l’Afrique dans une position favorable pour la culture de jatropha mettra le continent sur la sellette. Dans un esprit, préventif, Joseph Saunci, représentant les organisations de la société civile africaine engagées dans le développement durable, pense qu’il faut faire face devant la pression des sociétés multinationales pour que ce type de culture soit bénéfique aux producteurs, d’abord. Sur cette lancée, le ministre mozambicain de la Planification et du développement, M. Victor Bernardo, sur un ton ferme, a fait savoir que : « il est hors de question que les grands groupes fassent ce qu’ils veulent. C’est nous qui décidons ».

Source : Le quotidien du mardi 23 avril 2008

Avenir de la filière riz au Sénégal : L’Unacois/Jappo invite l’Etat à une solution concertée

Publié le 23 avril 2008

Avec la hausse vertigineuse du baril du pétrole et la rareté des produits céréaliers dans le monde, importer du riz et le vendre à un prix supportable par la bourse des Sénégalais est devenu un casse-tête pour les commerçants. Ce qui a conduit l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS/JAPPO) à tenir, hier, avec les différents intervenants de la filière riz, les importateurs et les grossistes, une concertation interne consacrée à l’avenir de la filière au Sénégal. Dans son texte de résolution finale, l’UNACOIS/JAPPO rappelle qu’elle a joué un ‘rôle historique’ dans la libéralisation de l’importation du riz au Sénégal et œuvré pour une gestion responsable de la filière, de 1994 à 2007. Aussi a-t-elle renouvelé l’engagement des importateurs à poursuivre l’approvisionnement régulier du pays en riz.

Mais considérant comme ‘unilatérale et provocatrice’ la mesure des pouvoirs publics de fixer le prix du kilogramme du riz brisé, l’UNACOIS/JAPPO invite le gouvernement à ‘une concertation nationale pour une solution concertée, apaisée et durable sur la question globale des denrées de consommation courante’. Toujours dans sa résolution finale, elle ‘met en garde contre toute tentative de diabolisation et de déstabilisations des commerçants et de leurs activités’, tout en rappelant que ‘l’UNACOIS reste déterminée à participer à toute recherche de solution’ et, parallèlement, à ‘faire face à toute entreprise mal intentionnée’.

Source : Walfadjri du mercredi 23 avril 2008

Institut de technologie alimentaire (ITA) : Les boulangers à l’école du Soja

Publié le 23 avril 2008

La Fédération nationale des boulangers du Sénégal exhorte désormais ses membres à utiliser le soja, une légumineuse aux qualités nutritionnelles exceptionnelles. Les boulangers se sont fait une religion sur le produit à l’issue d’un atelier de formation sur l’utilisation du soja en panification organisé par l’ITA, de concert avec l’Initiative mondiale pour la valorisation du soja en santé humaine(WASHH), une ONG américaine.

Cette formation s’intègre harmonieusement à l’objectif de renforcement de la nutrition que l’Etat du Sénégal s’est fixé, estime d’emblée le Directeur général par intérim de l’ITA, Dr Ababacar Ndoye. En fait, c’est l’Institut qui coordonne le comité national de fortification des aliments en micro nutriments (COSFAM). La culture du soja, la légumineuse la plus cultivée sur la planète et l’aliment végétal le plus nourrissant, a déjà été tentée avec succès dans le sud et le centre du Sénégal. Une telle formation devrait contribuer à la diversification et l’augmentation de la production des PME du secteur et en conséquence l’augmentation des revenus des producteurs. En cela, constate le DG de l’ITA, elle épouse parfaitement les orientations des grands programmes de l’Etat comme la politique de diversification agricole chère au chef de l’Etat, la sécurité alimentaire ou la promotion des activités génératrices de revenus. Pour leur part, les partenaires américains de WISHH représentés par Dr Clyde Stauffer et Anita Florido, avancent qu’ils ne ménageront aucun effort pour la réussite de cette collaboration et sa propagation dans la sous-région. Une manière de contribuer à faire de l’ITA un centre d’excellence sur le soja en Afrique. Aujourd’hui, le soja est utilisé sous plusieurs formes et dans de nombreux pays notamment aux Etats Unis d’Amérique. Le Sénégal a dégagé des perspectives de promotion et de développement de cette culture pour élargir l’éventail des produits végétaux de haute valeur nutritionnelle.

L’ITA fidèle à sa mission de valorisation post-récolte des produits agricoles par la recherche, offre ainsi à ses partenaires un cadre de découvertes et de partages sur l’utilisation du soja. Plusieurs GIE de femmes ainsi que des boulangers de la place et des équipes de recherche ont participé à la formation.

Source : Le Soleil du mercredi 23 avril 2008

LUTTE CONTRE LA CRISE ALIMENTAIRE : L’Onu appelée à réaliser des actions concrètes

Le système des Nations Unies est appelé à jouer les premiers rôles dans la recherche effrénée de solutions contre la crise alimentaire qui sévit dans les pays pauvres. Il est attendu des Nations Unies l’initiation d’actions concrètes en aidant les pays vulnérables à atteindre un taux de croissance de 7% par an, pour espérer atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d’ici 2015.

Publié le 23 avril 2008

Le débat de haut niveau sur « Commerce et développement pour la prospérité de l’Afrique : action et direction » tenu ce lundi 21 avril à Accra-Ghana, dans le cadre de la douzième session de la Conférence des Nations unies pour le développement (Cnuced), a été une opportunité pour revisiter les pistes devant amener le commerce à contribuer au développement de l’Afrique. L’occasion était ainsi donnée pour aborder la question de la crise alimentaire qui a fini de provoquer des émeutes dans les pays vulnérables qui dépendent beaucoup des importations. C’est dans ce cadre que le système des Nations Unies pour le développement est appelé à initier des actions concrètes qui sortent du vécu pour impulser une dynamique d’aide en faveur des pays pauvres très touchés.

Le secrétaire général de la Cnuced, M. Supachai Panitchpakdi, évoquant cette situation de crise, pense que « les Nations Unies se doivent de travailler en faveur de résultats concrets ». Selon lui, les représentations onusiennes doivent être utilisées comme épicentre pour le développement du commerce entre l’Afrique et le reste du monde. M. Supachai Panitchpakdi pense que toutes les attentions doivent être braquées pour faire face à la crise alimentaire. A son avis, il faut faire de sorte que les pays pauvres puissent atteindre un taux de croissance de 7% par an d’ici 2015 et être attentif aux résultats et paradigmes sur lesquels sont basés la définition des politiques de développement de l’Afrique. Le secrétaire général de la Cnuced appelle ainsi les pays à prendre comme modèle la coopération sud-sud afin de développer le commerce intra-africain qui ne représente que 10%.

Le secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, reconnaît que : « nous sommes en situation d’urgence ». Pour sa part, les acteurs doivent arriver à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) bien que beaucoup de pays pauvres soient à la traîne. Le secrétaire général des Nations Unies garde espoir du moment qu’il y a des pays qui ont presque atteint les Omd fixés dans certains domaines. C’est dans ce cadre qu’il a cité le Sénégal comme exemple en matière d’eau et le Ghana dans le domaine de l’éducation primaire. Selon lui, « la flambée des prix risque de saper les efforts de développement enregistrés dans certains pays ». M. Ban Ki-moon qui dit être perturbé par les émeutes qu’a suscité la crise alimentaire dans des pays pauvres comme le Sénégal, pense que : « il faut mettre l’accent sur la mise en œuvre des Omd en développant l’investissement qui est à 3% du Pib en Afrique ». Ainsi, sur le moyen terme, il songe au renforcement des capacités de productions agricoles en réalisant « la révolution verte ».

Le secrétaire général des Nations Unies de lancer : « je sais que les pays développés peuvent faire plus avec le cycle de Doha ». Il a ainsi déclaré 2008 : année d’échange pour combler les lacunes afin d’atteindre les Omd.

Sur la même lancé, le président du Ghana, M. John Agyekum Kufor, a exhorté au développement des échanges entre pays africains dans le cadre du partenariat sud-sud. Pour lui, le défi qui s’impose, c’est la facilitation des processus.

Son homologue brésilien, M. Luiz Inacio Lula da Silva, est revenu sur la faiblesse de la part du commerce africain qui, selon lui, représente 2,7% des exportations et 1,9% des richesses du monde. Il s’est dit désolé du fait que : « nul autre région du monde que l’Afrique ne connaît autant d’asymétries découlant de la mondialisation ». Dans le cadre de la promotion de l’agriculture comme alternative à la crise alimentaire, le président du Brésil pense qu’il faut veiller à l’élimination des subventions nuisibles, faciliter l’accès aux marchés des produits africains, lutter contre l’asymétrie qui installe une dépendance entre les pays du Nord et ceux du Sud.
Selon lui, la crise alimentaire est liée aux pratiques protectionnistes des pays développés. M. Luiz Inacio Lula da Silva a fait part de son engagement à combattre pour que le cycle de Doha soit couronné de succès à l’Organisation mondiale du commerce (Omc). Il a ainsi fait part de la disponibilité du Brésil à renforcer d’avantage ses échanges avec l’Afrique qui est son quatrième partenaire mondial avec 20 milliards de dollars d’échanges commerciales enregistrés ces quatre dernières années.

Source : Sud Quotidien du mardi 22 avril 2008