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Programme national d’autonomie en riz : 15.000 ha réhabilités dans le delta

Publié le 17 avril 2008

Saint-Louis – Le Programme national d’autosuffisance en riz a commencé effectivement sur le terrain par la réhabilitation d’une superficie de 15.000 ha par la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal (SAED) pour cette contre-saison et pour l’hivernage prochain.
Les agriculteurs ont bénéficié d’une extension de leur surface cultivable ainsi que d’autres avantages liés à ce projet, selon le directeur des aménagements de la SAED, Aboubakry Sow, accompagné par une équipe de journalistes pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux.

Les exploitants disposent, avec ce programme, d’intrants subventionnés et de motopompes pour le drainage des eaux qui constituent, avec les problèmes d’aménagement, le principal écueil pour les agriculteurs et à l’atteinte de l’objectif d’un million de tonnes de riz blanc à l’horizon 2015, selon les explications des spécialistes de la SAED.
Ainsi, cette société a mis en branle un vaste programme de mise à disposition de cette denrée rare aux agriculteurs en puisant sur le cours d’eau du Gorom Lampsar dans les zones du bas Delta ou sur le fleuve Sénégal un peu plus en haut avec le système de pompage ou par gravité. La SAED doit fournir 80 à 90 pour cent de l’objectif global d’un million de tonnes fixé par les autorités et ceci nécessite une augmentation des surfaces aménagées, selon M. Sow qui signale que, pour le début, le choix a été porté sur les terres à réhabiliter.
Pour ces surfaces, le coût est de 300.000 FCFA à l’hectare, souligne-t-il notant que pour l’année prochaine 20.000 ha sont visés (…). L’objectif global est d’arriver à aménager 115.000 ha qui devront se traduire à l’horizon 2015 par des récoltes d’un million de tonnes de riz blanc.

Cependant, pour atteindre cet objectif qui va permettre au Sénégal d’être autonome en matière de production du riz, d’énormes investissements devront être faits pour la mécanisation de la production.
En effet, dans les autres localités du département de Podor et de la région de Matam, les terres seront plus difficiles à aménager. ‘’Si dans le delta, il s’agit plutôt de réhabilitation et sur une surface plate, dans le département de Podor, les aménagistes feront face à des terres accidentés avec des cuvettes qui nécessiteront des endiguements’’, signale M. Sow notant que ces travaux ne peuvent être réalisés par de grandes entreprises. Cela explique le double du coût de l’aménagement à l’hectare.

La SAED qui a reçu récemment une équipe de spécialistes indiens est convaincue que pour parvenir à cultiver toute l’année avec une saison des pluies et une contre-saison, des mesures d’accompagnement sont être nécessaires pour respecter l’itinéraire technique (les critères de productions).
La commercialisation ainsi que le financement des producteurs devront suivre ces efforts, au risque de voir les saisons de se chevaucher pour une exploitation maximale du potentiel existant. L’autonomie en riz est à ce prix.

Source : le soleil du 14 avril 2008

Valorisation du manioc au Sénégal : Un gage de sécurité alimentaire du pays

Publié le 17 avril 2008

Dans un contexte national marqué par un déficit chronique des productions agricoles et l’hégémonie du riz, un produit importé et qui se renchérit, l’Institut de Technologie Alimentaire (Ita), l’Institut Sénégalais de Recherche Agronomique (Isra) et l’Agence Nationale du Conseil Agricole Rural (Ancar) ont procédé au lancement d’un projet de recherche sur le manioc. C’était jeudi dernier à Thiès, en présence des responsables des trois structures des producteurs des régions de Louga, Kaolack, de Thiès, ciblées dans la première phase qui va durer trois ans pour une enveloppe de 80 millions de nos francs.

Ce projet vise surtout à valoriser le manioc aux yeux des sénégalais en leur proposant des produits transformés à leur goût, de qualité garantie et proposer aux producteurs des méthodes de conservation adaptées ; c’est à dire simples et à moindre coût. Dans son adresse, Dr Ababacar Sadikh Ndoye, directeur général de l’Ita, est amplement revenu sur les atouts du manioc en tant que culture vivrière dans bon nombre d’autres pays de la sous-région Ouest africain mais aussi, comme culture de rente du fait des nombreux sous-produits pouvant en être tirés. Il s’agit, entre autres, de la gomme, du sirop, de l’amidon… « Le manioc est même une source de bio éthanol d’où son importance dans la recherche d’énergie alternative au pétrole » souligne-t-il.
C’est pourquoi, sa transformation intéresse autant les unités artisanales qu’industrielles. Selon lui, voilà les raisons objectives qui ont sans doute, poussé le président de la République à se fixer un objectif de production d’un million de tonnes de manioc par an à court terme.

Ainsi, les différents acteurs qui travaillent autour du manioc, à savoir les partenaires stratégiques, chercheurs, producteurs, transformateurs et commerçants vont s’atteler à monter une véritable filière manioc. L’une des recommandations phares des bénéficiaires et des autorités, est d’assurer la transformation du manioc sur place. Sur ce point, les producteurs ont dit toutes leurs inquiétudes sur les possibilités de transformation de quelques unités existantes dont la capacité reste encore largement en deçà des productions. Or, le manioc est une spéculation périssable. « Par exemple, après la récolte, nous utilisons le couteau pour couper en petits morceaux le manioc destiné aux clefs de séchage » révèle Alé, un producteur.
Revenant sur les opportunités qu’offre le manioc, Serigne Modou Fall, un producteur venu de Diaobé, est un homme expérimenté. Pour avoir bourlingué pendant 37 ans entre la république de Guinée, la Côte d’Ivoire et le Togo, il a fait un véritable plaidoyer pour la culture du manioc. « Nous pouvons tout faire avec le manioc, couscous, beignets…. Sa farine peut remplacer valablement le blé dans la fabrication du pain » indique-t-il.

D’autres producteurs ont fait part de la nécessité d’aider les paysans dans le renforcement de leurs capacités dans les techniques culturales et transformatrices du manioc, l’obtention de boutures adaptées aux différents sols du Sénégal etc.
Sur ces questions, l’Ancar, l’Isra et l’Ita, par la voix de leurs spécialistes présents ont pris bonne note et donné des assurances aux producteurs sur des esquisses de solutions concernant toutes leurs préoccupations évoquées çà et là au cours des discussions.

Source : le soleil du 14 avril 2008

SITUATION ECONOMIQUE DU SENEGAL EN 2008 : Des pertes de compétitivité de 0,03% enregistrées

Publié le 17 avril 2008

L’économie sénégalaise, durant le mois de février dernier, s’est caractérisée par des baisses et contre performances, à l’image des pertes de compétitivité de 0,03% enregistrées. Une situation que la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), dans sa dernière note de conjoncture, impute à l’appréciation du franc Cfa vis-à-vis de la monnaie des pays partenaires. Par rapport à février 2007, les pertes de compétitivité sont estimées à 3%, voire 3,2% en moyenne sur les deux premiers mois. Quant à l’inflation dans l’Uemoa, elle a atteint le seuil de 3% en février 2008.

La Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), dans sa dernière note de conjoncture a fait savoir qu’au mois de février 2008, les prix ont enregistré une hausse en variation mensuelle de 0,5%, imputable essentiellement au renchérissement des produits d’entretien courant du foyer de 1,9%, des produits alimentaires de 0,9% et des transports de 0,8%. En glissement annuel, ajoute la Dpee, la hausse des prix a atteint 5,5% par rapport à février 2007 et 5,8% en moyenne sur les deux premiers mois de 2008. Selon ce démembrement du ministère de l’économie et des finances, cette hausse est toujours tirée par les prix des produits alimentaires (10%), des transports (7,7%), des services d’entretien du foyer (4,5%), de l’enseignement (7,9%) et de la restauration (8,8%).

Concernant les prix des produits locaux et importés, la Dpee avance qu’ils ont augmenté respectivement de 5% et de 7,1% alors qu’ils ont contribué pour 69% contre 31% pour ceux importés. Quant à l’inflation sous jacente, précise ladite direction, elle se situe à 0,2% en rythme mensuel et à 6,0% en glissement annuel. Ainsi, à l’instar du Sénégal, fait t’elle savoir, « l’inflation en glissement annuel est supérieure à 3% dans la plupart des pays de l’Uemoa : le Mali (4,9%), le Niger (6,8%), le Burkina Faso (7,0%), le Togo (3,4%) et la Guinée-Bissau (6,7%) ». Elle est inférieure à 3% seulement au Bénin (1,9%) et en Côte d’Ivoire (2,3%). Globalement l’inflation dans l’Uemoa a atteint le seuil de 3% en février 2008.
La Dpee avance que, « malgré le différentiel d’inflation favorable, l’économie sénégalaise a enregistré de légères pertes de compétitivité de 0,03%, imputable à l’appréciation du franc Cfa vis-à-vis de la monnaie des pays partenaires ». En glissement annuel, ajoute t’elle, « les pertes de compétitivité sont estimées à 3% par rapport à février 2007 et de 3,2% en moyenne sur les deux premiers mois ».

La Dpee estime que, par rapport aux pays partenaires africains non-membres de l’Uemoa, « le Sénégal a enregistré de légères pertes de compétitivité de 0,1% entre janvier et février 2008, en raison d’un différentiel d’inflation défavorable de 0,17% ». Par ailleurs, a t’elle ajouté, « des pertes de compétitivité de l’ordre de 3,4% ont été notées, comparativement au mois de février 2007 ». Elle considère que relativement à la zone euro, l’économie a enregistré des pertes de compétitivité estimées à 0,1% en février 2008 par rapport au mois précédent, en raison d’un différentiel d’inflation défavorable de 0,1%. En glissement annuel, ajoute t’elle, « l’économie a connu des pertes de compétitivité estimées à 2% ». Comparativement au mois précédent, la Dpee fait savoir que « les échanges commerciaux entre le Sénégal et le reste du monde sont caractérisés au mois de février 2008 par des baisses respectives de 36,1% pour les exportations et de 17,5% pour les importations ». Ainsi, à l’en croire, le déficit de la balance commerciale est passé de 125,9 milliards à 119,1 milliards. S’agissant des échanges commerciaux avec les autres pays de l’Uemoa, la Dpee informe qu’un excédent de 12,0 milliards est enregistré en février 2008 contre 15,3 milliards le mois précédent. En cumul sur les deux premiers mois de l’année, les exportations et les importations ont augmenté respectivement de 22,1% et 24,7% en glissement annuel. En conséquence, le déficit commercial s’est établi à 245,1 milliards contre 194,2 milliards l’année passée.
Pour ce qui est des recouvrements de recettes budgétaires, au mois de février 2008, ils sont marqués par un léger ralentissement par rapport au mois de janvier 2008. Ainsi, la Dpee fait savoir que, “sur un objectif de 108,3 milliards fixé pour le mois de février, un montant de 105,4 milliards a été recouvré soit une moins value provisoire de 2,9 milliards.

Cependant, fait-elle remarqué, en cumul, les recettes à fin février dégagent une plus value provisoire de 2,6 milliards et en glissement, par rapport à 2007, une amélioration du recouvrement de 14,2 milliards. Quant aux dépenses totales et prêts nets, a t’elle ajouté, ils sont estimés à fin février 2008 à 225 milliards soit un niveau proche de celui de la même période de l’année précédente. Ainsi, le solde global base ordonnancement dons compris est évalué à fin février 2008 en déficit de 39,8 milliards.

La Direction de la prévision et des études économiques concède que la situation estimée des institutions monétaires est marquée, à fin février 2008, par une amélioration de 20,5 milliards des avoirs extérieurs nets et un renforcement de 14 milliards du crédit intérieur. En conséquence, précise t’elle, la masse monétaire a connu une expansion de 34,5 milliards par rapport à fin janvier 2008

Source : sudonline du 08 avril 2008

RELANCE DE LA FILIERE MAIS A TAMBA : Les producteurs adoptent un manuel de procédure

Publié le 17 avril 2008

C’est un nouvel élan qui va renaître au niveau de la fédération des maïsiculteurs de la zone cotonnière, encadrée par BAMTAARE SODEFITEX. C’est 11.000 producteurs appartenant à 125 GIE disséminés dans quatre régions qui viennent de valider un manuel de procédures sur les procédures administratives et la tenue de comptes, le programme technique et budgétaire et sur intrants et matériel agricoles.

L’Adjoint au Gouverneur chargé du développement, Saer Ndao, a salué cette initiative qui met en phase le monde paysan et l’expertise d’encadrement.
Pour lui c’est un nouvel élan qui va naître avec le développement de la culture du mais qui tient à cœur le Président Abdoulaye Wade qui l’a placée en bonne place dans ces cultures de diversification afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire
La Fédération des Maïsiculteurs Unis (FMU) selon son Président Agna Diallo, a pour objectif de booster la production, la transformation et la commercialisation du maïs afin de participer à la promotion d’une agriculture familiale rentable et surtout de mettre en place une filière maïs économiquement rentable, socialement forte et institutionnellement durable. Il s’agit aussi de défendre les intérêts des maïsiculteurs, et veiller au développement de la filière « maïsicole » avec en toile de fond sa promotion de ses dérivés. C’est dans ce cadre, a-t-il souligné, que se place cette rencontre qui a permis en présence des services techniques, de se former sur la gestion et le plaidoyer.

Le Président de la FMU a tenu à remercier le président de la République pour l’intérêt qu’il accorde au monde rural en mettant à leur disposition depuis 2003 du matériel agricole et un programme pour relancer la culture du maïs.
Selon la directrice de Bamtaaré Sodefitex, Mme Mariétou Diawara, la mise à disposition de cet outil permet à la FMU de systématiser l’ensemble de ses procédures pour éviter la confusion et la gestion informelle du patrimoine commun.
Pour elle, l’adoption officielle du manuel constitue le point de départ d’un vaste mouvement qui comprendra notamment la traduction du manuel en langues nationales, la multiplication et la vulgarisation des dispositions du manuel au niveau des différentes instances et des membres afin de permettre l’appropriation des dispositions du manuel et la mise en place des outils opérationnels pour la relance de la filière.
L’informel avait insallé la déceptitude

En 1980 déjà, la Sodefitex, société régionale de développement rural à l’époque, avait commencé à apporter avec des associations de base des producteurs, un appui conséquent aux producteurs de céréales de la zone cotonnière, selon Mariétou Diawara, la directrice de Bamtaaré Sodefitex. Pendant près de deux décennies, l’appui de la SODEFITEX touchera aussi bien l’expérimentation agronomique, l’approvisionnement en intrants, la vulgarisation de techniques de production et la commercialisation pour le compte du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) à partir de 1987, du segment de la transformation des céréales à travers la mise en place de petites minoteries villageoises.
La SODEFITEX en 1988 / 1989 après le Commissariat à la Sécurité Alimentaire, se retire de la collecte à cause des difficultés et la crise aiguë que rencontre le coton. C’est pourquoi, selon Mme Diawara, en avril 2000, un pas important a été franchi vers l’autonomisation des producteurs de maïs avec la création de la Fédération des Maïsiculteurs Unis (FMU) qui comprend alors six unions locales (Tambacounda, Kédougou, Kolda, Dabo, Koungheul et Nioro). La FMU se développe rapidement et s’érige en acteur incontournable dans la gestion de la filière maïs et compte actuellement 7000 à 8000 maïsiculteurs répartis en 520 groupements. Au plan de la production, les rendements sont élevés par rapport à la moyenne nationale avec 2.300 kg /ha en moyenne contre moins de 1.100 kg /ha au niveau national de 1999 à 2003. Cette performance est liée à la maîtrise de plus en plus forte du paquet et de l’itinéraire technique qui sont vulgarisés grâce aux formations et à l’appui conseil menés régulièrement. C’est pourquoi, dira-t-elle, cela a permis d’assurer la sécurité alimentaire des ménages et de dégager un surplus agricole commercialisable, facteur essentiel pour l’édification de la filière maïs.
Mais cette implication de la FMU dans la filière connaît aussi ses limites dira la Directrice de Bamtaaré notamment pour ce qui est de la gestion du crédit marquée par d’énormes difficultés de remboursement. La Sodefitex finira d’ailleurs en 2002/2003 par ne plus s’impliquer dans le volet crédit à la FMU après avoir cautionné à 50% un crédit de la Senchim à l’organisation et dont le remboursement constitue aujourd’hui encore un objet de litige, selon Mme Diawara. Le Programme de relance de la filière maïs mis en place par l’Etat du Sénégal en 2004, tombe en bouée de sauvetage en mettant à la disposition de la FMU et de ses membres, un crédit intrant conséquent. Au lieu de consolider la FMU, la gestion de ce crédit constituera le véritable point de départ de la décrépitude actuellement notée au sein de l’organisation qui avait pourtant atteint un niveau de développement très appréciable.
En effet, les problèmes dans le remboursement qui avaient été notés les années antérieures, vont s’accentuer et se greffer à un manque de transparence dans la gestion. C’est dans ce contexte que germera l’idée de l’élaboration d’un manuel de procédures. Il fallait en effet mettre à la disposition de la FMU un outil qui lui permet de systématiser l’ensemble de ses procédures pour éviter la confusion et la gestion informelle d’un patrimoine commun.

Source : Le soleil du 03 avril 2008

Moustapha DIA, président des acteurs de la filière lait : ‘L’amélioration génétique du cheptel ne nous a rien apporté’

La rareté du produit sur le marché international devrait représenter une opportunité pour les producteurs locaux de lait. Telle est la conviction de Moustapha Dia, le secrétaire général de la Fédération nationale des acteurs de la filière lait qui, dans l’entretien qu’il nous a accordé, apporte des solutions idoines pour le développement de la filière lait au Sénégal et surtout pour la diminution de la facture laitière

Publié le 17 avril 2008

WalFadjri : Président de la Fédération nationale des acteurs de la filière lait, comment réagissez-vous face au coût de plus en plus élevé du prix du lait au Sénégal ?
Moustapha Dia : La filière lait doit se ressaisir, car la hausse et la rareté peut progressivement continuer. Mais elle représente aussi une opportunité pour le producteur local de mettre son produit sur le marché et de manière accessible. C’est dans ce cadre que nous avons organisé des journées de réflexions qui ont abouti à l’élaboration d’un projet intitulé Prodlait (projet de développement laitier), qui n’est cependant pas effectif, car certains membres ne sont pas encore d’accord sur les points essentiels. Ces points ne pourront être définis qu’avec l’accord de tous les membres de la fédération.

Wal Fadjri : Pourquoi ces divergences entre acteurs de la filière lait ?
Moustapha Dia : Le projet tel qu’il a été conçu, exclue les producteurs locaux. Il vise à créer un nouvel éleveur dit moderne. Et ce genre de modernisation que veulent nous imposer les autorités, pose problème. Nous avons établi une conception de la modernisation de l’élevage avec une certaine amélioration du système qui répond au contexte actuel (socio-économique, écologique, climatique..). Ce qui nous fait penser que nous sommes dans une dynamique de modernisation. Cependant,

l’Etat persiste à vouloir nous faire adopter une autre forme de production que nous n’arrivons pas à maîtriser, car elle ne convient pas aux facteurs de production dans le Sahel. Parce que nos domaines d’élevage restent marqués par le climat sahélien incontrôlable, le pâturage est tantôt abondant, tantôt rare et l’eau n’est pas encore maîtrisée. Mais, l’Etat nous propose de créer des fermes autour desquelles nous allons faire des cultures fourragères. Cependant, ces cultures auront un problème d’accès à l’eau. Parce que même au niveau de la vallée où nous pensons que l’eau est abondante, nous éprouvons des difficultés pour faire de la production. C’est dire que, dans la zone sylvo-pastorale où la nappe est beaucoup plus profonde, nous n’arriverons jamais à faire ce genre de culture. Nous considérons ces propositions comme des rêves irréalisables. Il existe des solutions plus adaptées à notre système pour développer l’élevage au Sénégal. Nous nous opposons catégoriquement à l’importation des races exotiques qui ne s’adapteront jamais à notre climat et à nos conditions d’élevage du fait de la rareté de l’eau. En dehors de cela, il y a le côté financier qui pose problème. La génisse européenne nous revient à un million de francs Cfa là où la génisse sénégalaise ne peut pas dépasser cent cinquante mille francs. Les modes de modernisation préconisés par l’Etat sont irrationnels pour des éleveurs qui ont des moyens limités.
Wal Fadjri : Seriez-vous contre l’amélioration génétique du cheptel sénégalais ?

Moustapha Dia : Quelques-uns parmi nous font de l’amélioration génétique. C’est une expérience qui est en vigueur depuis plus de quarante ans et qui n’a rien apporté. Parce que nos conditions climatiques ne le permettent pas. A cause de cela, les sujets européens perdent beaucoup de leur qualité en arrivant dans le pays. Et à partir de ce moment, ils ne valent pas mieux que ceux d’ici. Notre race de cheptel est apte à la transhumance, à la fin et à la soif. Nos bovins peuvent rester plus de deux jours sans paître, encore moins s’abreuver, contrairement à la race européenne qui mange toutes les heures. Pour ce qui nous concerne, nous avons décidé de nous baser sur les moyens du bord pour développer l’élevage, sans pour autant faire appel à l’exportation de technologie et de cheptel étranger. Avec les réalités de notre milieu, nous sommes aptes à améliorer notre système d’élevage.

Source : walf du 02 avril 2008

FACE AU RENCHÉRISSEMENT DU COÛT DE LA VIE : Hadjibou Soumaré annonce des mesures pour les jours à venir

La recherche effrénée de solutions contre la cherté du coût de la vie. Le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré et son gouvernement qui faisaient face aux partenaires au développement dans le cadre de la deuxième rencontre trimestrielle pour le suivi des engagements du groupe consultatif, a fait part de nouvelles mesures qui seront effectives dans les prochains jours.

Publié le 17 avril 2008

Le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré a annoncé que d’autres mesures allant dans le sens de l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages seront mises en œuvre dans les prochains jours. Rappelant aux Partenaires techniques et financiers (Ptf) l’esprit de combat pour la lutte contre la pauvreté qui sous-tend la deuxième rencontre trimestrielle pour le suivi des engagements du groupe consultatif de décembre 2007, le vécu des populations a été au cœur du discours de Cheikh Hadjibou Soumaré. « Nous avons beaucoup fait depuis 2000 mais la situation des marchés mondiaux est en train de nous rendre un mauvais service », a-t-il déclaré. Le Premier ministre concède que « les populations souffrent de cette situation et nous en souffrons aussi de ne pouvoir aller aussi vite qu’on l’espérait dans la satisfaction de leurs besoins ». Pour lui, « il ne s’agit nullement de résignation, mais de prendre pleinement conscience d’une situation objective qui est là et de pouvoir y faire face ». Cheikh Hadjibou Soumaré de rappeler que « le gouvernement fait face à cette situation avec vigueur, à travers l’identification et la mise en œuvre de mesures à la fois court et à moyen terme ».

Entre autres mesures entrant dans ce cadre, M. Soumaré a cité la suspension, depuis juin 2007, des droits et taxes sur certains produits de consommation. Des mesures qui, d’après lui, « ont été complétées par la fixation et le contrôle des marges sur ces produits » Et de préciser que : « des actions à caractère plus structurel sont en cours avec le développement de l’utilisation d’énergies alternatives et la mise en œuvre d’un Programme national d’autosuffisance en riz ». Sur ce dernier programme, le ministre de l’agriculture et de l’élevage, Amath Sall a profité de la brèche ouverte par le Premier ministre pour exposer aux Partenaires techniques et financiers les enjeux de création d’emploi et de maîtrise du déficit de la balance commerciale qui tournent autour de cette question. Ce qui amène le Premier ministre à inviter les partenaires techniques et financiers à s’investir dans la réussite de ce programme d’autosuffisance en riz à l’horizon 2015 et dans l’agriculture en général. Cheikh Hadjibou Soumaré a évoqué la nécessité de diriger les ressources non utilisées vers le programme d’autosuffisance en riz.

Concernant les acteurs de la vie économique et sociale, le Premier ministre les invite à travailler de concert « pour juguler, sinon atténuer le fléau que constitue le renchérissement du coût de la vie ». Avant de rappeler les dix milliards de F Cfa débloqués par le chef de l’État qui sont destinés au vivre de soudure pour permettre aux populations rurales de faire face aux difficultés qui, d’après lui, découlent de la mauvaise campagne agricole, consécutive aux mauvaises conditions climatiques de cette année. « La situation du monde rural est certes difficile, mais le gouvernement en a pris la pleine mesure et toutes les dispositions utiles seront prises pour y faire face », a-t-il assuré.
Cheikh Hadjibou Soumaré a par ailleurs affirmé que « les partenaires au développement ont leur partition à jouer dans cet exercice important pour tracer le cadre de réalisation de nos objectifs communs ». Il invite ces derniers « à étudier les moyens de rationaliser tous les engagements, ceux des partenaires comme ceux du gouvernement dans une matrice de suivi commune ».

Source : sudonline du 02 avril 2008

Situation de l’arachide au Sénégal : Le Dg de Novasen exige des assises nationales pour redresser la filière

Publié le 16 avril 2008

Le secteur arachidier a besoin d’une réforme en profondeur pour que la filière retrouve son lustre d’antan. C’est le sentiment de Souahibou Gaye, directeur général de la Novasen qui, dans l’entretien qu’il nous a accordé, décrie le système dit ‘carreau usine’ institué depuis 2000 au Sénégal. Il en appelle à la tenue d’assises nationales sur la filière arachidière, mais aussi se désole de l’inefficacité du Comité national interprofessionnel de l’arachide devant la crise que connaît le secteur.

Wal Fadjri : Comment analysez-vous la situation de la filière arachidière au Sénégal ?

Souahibou Gaye : Tout à fait au début, avant l’installation du système ‘carreau usine’, vous entendiez toujours ‘traite bi taxaw na’ (Ndlr : la traite a démarré). Il y avait des industriels qui créaient des seccos au niveau des villages, faisaient des financements au niveau des villages et les villageois vendaient leurs produits au niveau des seccos. Mais, depuis l’alternance, on a bouleversé le système, en instaurant ce qu’on appelle le système ‘carreau usine’. Le carreau usine, c’est quoi ? Un opérateur semencier qui n’a jamais pratiqué les graines, qui a des moyens ou bien qui peut aller à la banque et avoir un financement et qui part dans un louma où il achète les graines à 100 F Cfa, parce qu’il a une possibilité financière et revend ces graines aux huiliers à 170 F Cfa, plus la subvention du gouvernement. Ce qui constitue deux pertes pour le paysan qui ne pourra pas vendre ces graines à 150 F Cfa, mais les vend plutôt à 110 F Cfa. Il perd donc 40 F Cfa. Au même moment, l’opérateur semencier qui achète les graines à 110 F, les revend à 170 F au niveau des usines. Ceci provoque une perturbation totale du circuit. Mais, avant de parler de la commercialisation, je crois qu’on devait, au début, commencer par les semences. C’est du tout-venant, les semences. Les tout-venants, c’est ce que l’on collecte au niveau des semences ; c’est ce que l’on reprend pour le remettre aux paysans. Ils revendent ces graines pour aller dans les villes, acheter ‘de bonnes graines’. Au Sénégal, on a l’habitude de parler d’états généraux, mais je crois qu’il est grand temps que les initiés, les vrais connaisseurs qui sont dans ce pays, qui n’ont fait que l’arachide se parlent…. Pourquoi ne pas créer les conditions nécessaires pour que ces gens-là s’unissent et réfléchissent autour de cette question ? Sinon, il y aura la disparition totale de l’arachide. Et cette année, ça a commencé. Il faut tenir des assises nationales sur l’arachide, en impliquant l’ensemble des partenaires et des acteurs concernés, les huiliers, les paysans, je ne parle pas des associations, parce qu’aujourd’hui, il y a beaucoup d’associations. En brousse, parfois, les paysans ne connaissent même pas les noms des gens qui les représentent. Et ces gens-là parlent au nom des paysans. Pour ces assises, je parle des vrais paysans.

Aujourd’hui, c’est une question fondamentale ; il faut que les gens se réunissent et qu’on débatte, d’une manière très approfondie, de cette question de l’arachide, sinon c’est la disparition.
Wal Fadjri : Et le comité national interprofessionnel de l’arachide dans tout ça, ne s’acquitte-t-il pas correctement de son rôle de régulation ?
Souahibou Gaye : Le comité national, c’est un prolongement de l’Etat, parce qu’ils ne font qu’appliquer les directives de l’Etat. Apparemment, vous allez croire que ce sont eux qui fixent les prix, qui définissent les règles du jeu. Ils ne fixent rien, ils ne définissent rien. Il y a beaucoup de non-dits. Le Cnia, ce sont des gens de bonne volonté qui sont là, mais, une fois de plus, ça ne peut pas résoudre la question. La question, c’est autre chose et, eux-mêmes le savent, mais ils ne le diront peut-être pas.

Source : Walf du 13 février 2008

DEVELOPPEMENT LOCAL – Les territoires face à la compétition mondialisée : Faire la promotion des avantages spécifiques

La mondialisation de l’économie fait que l’accumulation des ressources ne suffit pas toujours pour faire une économie prospère. Les Etats, comme les territoires, ont de plus en plus besoin de mettre en avant des ressources qu’ils sont quasiment les seuls à posséder, afin d’être compétitifs. C’est la théorie défendue par un chercheur français, au cours d’un séminaire organisé à Dakar par le Gerad.

Publié le 16 avril 2008

Le développement territorial part du principe que chaque territoire, chaque région, a des potentialités et des matières premières qu’il peut valoriser grâce au travail de ses habitants. Et pour des territoires qui partagent des ressources avec d’autres parties du pays, ou même du monde, ils cherchent à les exploiter de la manière, à les rendre plus rentables que leurs voisins ou concurrents. Or, avec la mondialisation de plus en plus grande, les ressources les plus visibles ne sont pas nécessairement, et dans tous les cas, les plus compétitifs. C’est du moins ce qu’a développé un enseignant de l’Université Joseph Fournier de Grenoble, le Pr Bernard Pecqueur. Au cours d’un séminaire tenu le 16 janvier dernier à Dakar par le Groupe d’étude, de recherche et d’aide à la décision (Gerad), et portant sur le « développement local, gouvernance territoriale : Enjeux et perspectives », le directeur adjoint de l’Institut de géographie de l’Université de Grenoble a affirmé que si le développement local ne consistait qu’à exploiter les ressources qu’un pays possède, et à les améliorer, le pays potentiellement le plus riche du monde serait la République démocratique du Congo, dont on ne compte plus les ressources du sol et du sous-sol au mètre carré. Or, tout le monde sait que cela est loin d’être le cas actuellement.

Transposé au Sénégal, l’exemple pourrait s’appliquer aux régions du Sud du pays, comme Tambacounda, Kolda ou Kédougou. Avec ce dont la nature les a dotées, elles pourraient être en tête du développement du Sénégal. Mais elles se classent parmi les plus pauvres.
Le fait est, a expliqué le géographe, que la globalisation remet de plus en plus en cause le modèle économique de Ricardo des échanges internationaux sur la base d’avantages comparatifs. « Derrière l’existence de l’avantage comparatif, il reste l’idée de comparabilité d’entité étatique à entité étatique, et donc d’équivalence générale des offres dans un marché essentiellement concurrentiel et en voie d’unification », notait-il dans sa communication. Pour l’Universitaire, les territoires ont plutôt, aujourd’hui, intérêt à se chercher des avantages différenciatifs, moyen le plus efficace, selon lui, « d’échapper aux lois de la concurrence lorsqu’elles sont impossible à suivre en visant la production pour laquelle ils seraient (dans l’idéal) en situation de monopole ». Son propos s’illustre avec les produits chinois qui envahissent les marchés du monde, Occident comme Afrique, en quantité industrielle. Bernard Pecqueur montre que la délocalisation de plusieurs sites de fabrication de chaussure de sport en Chine s’explique surtout par les bas coûts de la main-d’œuvre. « Dans une paire de Nike à 70 dollars, le coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas les 2% », souligne-t-il. Dans ces conditions, pour être compétitifs, les fabricants basés en Europe doivent être innovants et savoir se distinguer sur la qualité. Donc, jouer sur une gamme supérieure. Les chaussures italiennes ou françaises ne sont pas, aujourd’hui, d’une qualité standard comme les chinoises. Et même dans le domaine du textile, les industries qui veulent résister au rouleau compresseur chinois se placent dans des créneaux où il est difficile de les trouver. Mais Bernard Pecqueur suggère de chercher plutôt sur un secteur où l’on est sûr de ne trouver personne d’autre, ou alors d’y être en position absolue de force.

POTENTIALITES IGNOREES

Sa collègue, Christel Alvergne, enseignante à l’Institut d’Aménagement régional de l’Université de Bordeaux 3, n’a pas dit vraiment le contraire. Parlant des chemins de la gouvernance locale en Afrique de l’Ouest et du Centre, la chercheure a avancé que la très forte croissance démographique qu’a connu le continent depuis la décolonisation induit d’autres formes de politiques publiques, qui prennent plus en compte les dynamiques locales, et qui permettent l’émergence d’un regard différent sur le potentiel des territoires, permettant aux habitants de le valoriser et d’en faire des outils de développement.
« Dans chaque communauté, il existe un certain nombre de cultures, qui se matérialisent par des objets usuels, artisanaux ou cultuels, et qui sont d’une grande valeur esthétique, au-delà de leur valeur fonctionnelle. Ils pourraient être reproduits dans des marchés, pour être vendus à l’extérieur. » Un cas concret de pratiques usuelles et spécifiques, qui se transforment en facteurs de développement, porterait, à entendre Mme Alvergne, l’huile d’argan au Maroc, dans la région d’Essaouira. « Dans cette région, on a redécouvert les fonctions de cet arbre, et de cette huile, qui a une grande valeur cosmétique, et qui est produite par des femmes pour être vendue dans des marchés mondiaux. » Les deux chercheurs montrent ainsi que la notion de développement local ne rejette ni ne s’oppose à la globalisation.
Le tout est de savoir trouver la bonne articulation entre le local et le global. « Pour s’en sortir au niveau global, il faut savoir s’organiser au niveau local, et valoriser ce que l’on possède en propre », ajoute Mme Alvergne. Son collègue Pecqueur précise que le développement territorial n’est pas un modèle alternatif au développement tout court. « C’est une attitude des acteurs dans les stratégies de développement, qui consiste à chercher des potentialités qui n’existeraient pas, ou plutôt, qui seraient présentes pour la plupart de temps, mais ignorées de tous, ou de la majorité. » L’économie mondiale se territorialisant, il n’y a donc pas de contradiction entre le global et le local à ce niveau. Les ressources différenciées peuvent prendre parfois des formes inattendues. Dans un monde agressé par le bruit, une région française a eu l’idée de faire la promotion d’un de ses parcs naturels, en vantant les vertus de son… silence. L’absence de bruit y est devenu un atout différentiel et commercialisable pour des citadins à la recherche de calme. Cependant, lorsque Christel Alvergne considère que la mise en œuvre d’une politique qui mette en valeur les spécificités locales, ne nécessite pas nécessairement une prise en charge au niveau national. Les choses pourraient bien s’organiser au niveau local.
Néanmoins, dans un séminaire qui s’intéressait en priorité au développement local, les concepts développés n’avaient d’intérêt, pour leur opérationnalité, que la réalisation de ce but. Et sur ce point, Pecqueur est parvenu à mettre la majorité des participants d’accord en affirmant qu’une politique de décentralisation avait besoin, pour réussir, d’un « Etat en bon état, et non pas d’un Etat qui se désengage et faiblit », déclarant même que, les pays où les politiques de décentralisation ne réussissent pas sont ceux où l’Etat est faible.

Source : Le quotidien du 12 et 13 février 2008

RENFORCEMENT DE LA PERFORMANCE DU SENEGAL

Atteindre une pression fiscale de 22% dans cinq ans

Publié le 16 avril 2008

La place peu reluisante qu’occupe le Sénégal dans le dernier classement « Doing Business » qui a mis en cause les performances du pays en matière d’environnement des affaires, n’est pas encore digéré par les autorités compétentes, malgré le statut de premier pays de l’Uemoa en termes de pression fiscale, avec un taux 20%. Pour renverser la tendance, la Direction générale des impôts (Dgid) ambitionne d’atteindre 22% dans les cinq ans à venir pour espérer se rapprocher des pays de l’Ocde qui sont à 30%.

Le Directeur général des impôts et domaines, M. Amadou Bâ, a décliné les ambitions de « repositionner » le Sénégal dans le gotha des pays les plus performants qui attirent le plus d’investisseurs. Le diner-débat que la section fiscalité de l’Ordre nationale des experts et évaluateurs agrées du Sénégal (Oneeas) a organiosé ce vendredi, 8 février, sur le thème : « Les réformes fiscales majeures au Sénégal au cours des deux dernières décennies : Impact sur la pression fiscale », a été une opportunité pour l’administration fiscale de dévoiler sa vision devant contribuer à parvenir aux objectifs fixés pour doter le pays d’un climat des affaires « de classe internationale » dans un contexte de cherté de coût de la vie où règne la « tyrannie » du fisc.

Les recommandations du dernier Conseil présidentiel de l’investissement (Cpi) avaient, rappelons-le, beaucoup mis l’accent sur les réformes fiscales à opérer pour rendre le pays plus compétitif.
Intervenant sur la thématique soulevée par l’Oneeas, le directeur général des impôts et domaines a, au préalable, tenu à préciser que parler du taux de pression fiscale, revient à faire allusion au niveau des impôts par rapport au Produit intérieur brut (Pib). A l’en croire, « plus il est élevé, plus le pays est performant ». Le Sénégal est actuellement à 20% alors que le niveau minimum retenu par les critères de convergence de l’Uemoa est de 17%. Ce qui lui confère, la première place de l’espace sous-régional en matière de fiscalité.

L’analyse des réformes intervenues depuis les années 1980 et leur incidence sur le poids de l’impôt, a permis au président de la section fiscale de l’Oneeas, Mohammed Dièye, de concèder que « la pression fiscale est basse au Sénégal ». Il a, par ailleurs précisé que « cela ne veut pas dire que l’impôt n’est pas lourd au niveau individuel ou des entreprises ». Pour lui, « c’est le paradoxe qu’ont les pays de l’Uemoa avec une grande frange de la population qui échappe à l’impôt ». Cependant, la position du Sénégal dans l’Uemoa est loin d’être reluisante aux yeux de plusieurs acteurs, vue l’écart qui le distance des pays de l’Ocde qui sont à des pressions fiscales de plus 30%. Il faut également noter que certains pays africains comme le Ghana, le Maroc, la Tunisie, sont mieux placés que le Sénégal dans cette compétition qui ne fait de place aux « faibles ».

Elargir l’assiette et pressurer moins sur les salariés
Ces enjeux internationaux amènent l’administration fiscale à affûter ses armes pour réduire le fossé. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’objectif assigné qui est de porter la pression fiscale à 22% dans les cinq prochaines années. Un objectif dont l’atteinte passerait, selon Mohammed Dièye, par un élargissement de l’assiette fiscale tout en ayant un poids fiscal acceptable surtout pour les contribuables et notamment les salariés. Pour lui, « il faut aller voir les niches où les gens contribuent le moins aux recettes fiscales notamment le secteur immobilier qui se développe le plus rapidement alors qu’il contribue pour le moins aux recettes budgétaires ».
L’administration fiscale, de son côté, a entamé un processus de modernisation de ses services pour ainsi coller au souhait qu’avait évoqué le Chef de l’Etat, lors du dernier Cpi, de classer le Sénégal dans le « Top 10 » des pays africains. Selon le directeur général des impôts et domaines, Amadou Ba, « aujourd’hui, nous sommes en train de voir par rapport aux attributions des missions de la Direction générale des impôts et des domaines tout ce qui peut être considéré comme lourdeur dans les formalités administratives et d’arriver à des simplifications ». Il a annoncé que « très prochainement, des mesures internes seront prises d’autant plus que la modernisation de nos services est enclenchée ».

Sur cette lancée, le directeur général de l’administration fiscale fait savoir que l’Etat a acquis un progiciel dénommé Système intégré de gestion des impôts et taxes (Sictas). Un outil qui, à l’en croire, a commencé à fonctionner depuis le mois de décembre dernier au centre des grandes entreprises. « C’est un système qui permet de gérer de manière transparente le contribuable, de la création jusqu’à l’encaissement de la cotisation fiscale ».

Actuellement, les déclarations fiscales sont pré-imprimées et, pour le directeur général des impôts et domaines, « l’idéal c’est d’aller à la télé-déclaration qui est la meilleure pratique internationale qui n’est encore appliqué dans aucun pays de l’espace Uemoa contrairement à ce qui se passe en Afrique du Nord ». A l’en croire, c’est un moyen moderne de gestion et de communication entre l’administration fiscale et les usagers. « Une phase de réflexion est menée avec l’Agence de l’informatique de l’Etat. Cette modernisation doit permettre de réduire la marge de manœuvre causée par les entreprises ou usagers qui ne se déclarent pas au niveau de l’administration fiscale ».
Dans la même veine, le directeur général de l’administration fiscale annonce qu’un système d’information géographique dénommé PAMOCA est acquis pour « cadastrer » le pays. Sur le plan fiscal, M. Ba postule que cet outil va permettre d’élargir l’assiette fiscale, d’avoir une meilleure visibilité dans le pays en termes de facilité d’accès à la propriété et de transactions immobilières qui, de l’avis du directeur général des impôts et domaines, sont aujourd’hui un peu difficiles au Sénégal du fait que le pays n’est pas suffisamment « cadastré ».

Sudonline du 11 février 2008

ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE : Mise à niveau des opérateurs économiques de Thiès

Publié le 16 avril 2008

Thiès – Sous la houlette du président de la Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie, les opérateurs économiques de la région de Thiès se sont familiarisés avec les Accords de partenariat économique. C’était lors d’une conférence animée le week-end dernier par Papa Nalla Fall, commissaire aux Enquêtes économiques, sur cette question qui continue de susciter d’âpres débats, notamment au niveau de la majorité des pays africains, qui ont opposé tout dernièrement leur niet catégorique et exigé par ricochet, la remise en question de l’ensemble du dispositif.

Les opérateurs économiques, au grand complet, ont suivi avec un vif intérêt, la conférence introduite par Papa Nalla Fall, brillant expert, par ailleurs fils du terroir. C’était sous la présidence du professeur Serigne Diop, ministre d’Etat auprès du président de la République et du Gouverneur de la région de Thiès. Il s’agit, selon le président Seck, de permettre aux opérateurs économiques d’avoir une idée des tenants et aboutissants des Ape et d’informer à leur tour les populations aussi bien urbaines que rurales.

Selon le conférencier, ces nouveaux accords devaient remplacer en 2007 les préférences non réciproques dont bénéficient les pays Acp (Afrique, Caïrabes et Pacifique). Apportant des éclairages sur les Accords de Cotonou, le conférencier a indiqué qu’ils ont une durée de 20 ans, à savoir de 2000 à 2020. Selon lui, le Sénégal, comme la majorité des Etats de la Cedeao, n’a pas signé les Accords de partenariat économique, alors qu’il reste encore 12 ans de Cotonou. Nous ne sommes pas encore prêts et nous disons non à l’Ape sous sa forme actuelle« , a martelé Papa Nalla Fall. Lequel a magnifié le non »historique” du chef de l’Etat du Sénégal. Selon lui, 40% des exportations et des échanges du Sénégal se font avec l’Europe, d’où l’importance de nos rapports commerciaux. Ceci est valable pour l’Afrique. Papa Nalla Fall dira qu’il est normal de revoir ces rapports avec l’Europe et de les regarder sous un angle beaucoup plus équilibré. A l’en croire, l’industrie même créée ne pourrait pas être compétitive par rapport à celle européenne. C’est pourquoi, dit-il, le chef de l’Etat a dit non.

S’agissant des recettes, le conférencier a donné l’exemple des recettes douanières engrangées récemment et qui sont estimées à 432 milliards de nos francs. Pour lui, la désindustrialisation porterait également un sacré coup si l’on n’y prend garde. Pour étayer son propos, Papa Nalla Fall déclare que si le marché est conquis par les produits venus de l’extérieur, il va sans dire qu’il y aura des pertes d’emplois.
« Si l’emploi diminue, le nombre de personnes cotisant à la Caisse de sécurité sociale diminuera forcément et c’est également le ratio relatif aux ayants droit qui s’en ressentira » , ajoute-t-il. Et de rappeler qu’il y a une vingtaine d’années, le ratio était de quatre cotisants pour un ayant droit, alors qu’il est actuellement de 100 ayants droit pour 1/4 de cotisants.

Nous disons non à l’Ape, mais oui pour un Accord de partenariat de développement, comme l’a clamé haut et fort le Président Abdoulaye Wade. Lequel refuse obstinément d’engager les générations futures dans un avenir incertain”, conclut le conférencier.
On aura remarqué, par ailleurs, l’intervention fort pertinente du professeur Serigne Diop, qui déclare d’emblée : « dans les circonstances que nous vivons aujourd’hui, le sens de la responsabilité et du devoir s’impose ». Le ministre d’Etat reconnaît tout de même que depuis les indépendances à nos jours, les Etats africains ont engagé avec l’Europe un certain nombre de rapports, voire un partenariat. Selon lui, il ne s’agit pas de remettre en cause ces acquis, ou ces rapports commerciaux, mais au contraire, que ces mêmes pays africains ont également pour aspirations de dépasser ce stade pour devenir des pays développés.

Nous autres pays africains, nous devons former un bloc solide comme l’Europe, définir ensemble des politiques unitaires« , précise-t-il, avant de donner un exemple patent consistant à rappeler que l’Europe négocie à chaque fois avec l’Afrique par le biais de la Commission européenne et non par arithmétique des différents pays européens. »Quand nous discutons avec l’Europe, qu’on le fasse avec toute l’Afrique et non avec des régions d’Afrique”, a encore déclaré le professeur Serigne Diop, qui prône un partenariat qui ne soit pas axé sur une logique commerciale seulement, mais plutôt sur celle d’une logique de développement.
Des questions-réponses et des contributions de qualité ont mis fin à la conférence.

Source : Le soleil du 05 février 2008