Publié le 14 janvier 2008
Les producteurs de la région de Kolda ne vendent pas leurs récoltes d’arachide à la société Sunéor. Les différents points de vente agréés par la Sunéor, et où sont déjà installés les opérateurs privés stockeurs de la dite société, ne reçoivent pas de graines en grande quantité. Les raisons évoquées tournent autour du prix au kilogramme. Si sur ces sites on vend le kilo à 150 francs Cfa, au marché hebdomadaire de Diaobé le même kilo est acheté à 200 francs par des commerçants privés. Une situation qui a vite attiré la clientèle du côté des paysans producteurs d’arachides qui n’ont fait que choisir le plus offrant.
Mamadou Diallo, un opérateur agréé par Sunéor se plaint : « Si cela continue ainsi, la société Sunéor n’aura pas la quantité des graine escomptée dans la région à cause de cette différence de prix dans le marché. » L’opérateur ajoute que jusqu’ici, certains de leurs points de vente n’ont pas encore reçu la moindre graine d’arachide. Du côté des producteurs interpellés, la raison serait à chercher dans le camp du gouvernement qui a décidé de fixer le prix au producteur à 150 francs. Cela, au moment où le déficit pluviométrique enregistré cette année a, énormément, réduit la récolte d’arachide enregistrée. « Avec une faible production, le paysan est obligé de vendre au plus élevé prix pour compenser les pertes occasionnées par le manque de pluie », a expliqué un producteur dans l’arrondissement de Dabo. Aujourd’hui, on apprend que nombreux sont les paysans producteurs d’arachide dans le département de Kolda comme celui de Vélingara, qui ont pour point de ralliement le marché de Diaobé.
Dans le nord de Kolda, précisément dans le grand arrondissement de Médina Yorofoulah, certains producteurs ont tout bonnement préféré vendre en Gambie, située à quelques kilomètres de certains villages et à quelques mètres seulement d’autres. D’ailleurs, c’est dans zone que l’on retrouve toujours les plus grands producteurs d’arachides. Dans la communauté rurale de Pata, une bonne quantité de graine a déjà été écoulée au pays de Yaya Jammeh, a-t-on appris. Dans tous les cas, les opérateurs agrées par Sunéor se désolent de cette situation et lancent un véritable cri du cœur à l’endroit des producteurs. Un cri qui tombe dans l’oreille de sourds. Car, à ce jour, nombreux sont les paysans qui évacuent leurs productions en charrettes ou en camions vers le client le plus offrant.
Source : Le quotidien du samedi 12 janvier 2008
La task-force mise en place par le Premier ministre à l’issue du conseil interministériel sur la sécurité alimentaire du 19 décembre 2007 s’est réunie mercredi dernier, au ministère du Développement rural, de l’Agriculture et de l’Elevage
Publié le 8 janvier 2008
Ablassé Ouédraogo a annoncé lundi lors d’une vidéoconférence organisée par Oxfam et la Coalition de la société civile que la date butoir du 31 décembre ne sera pas tenue.
Publié le 27 septembre 2007
La CEDEAO n’est pas prête. Cependant, il ajouté que le fait qu’il n’y ait pas de signature en décembre ne signifie pas qu’il y a rupture. Il s’agit de travailler d’ici là à un accord « mutuellement acceptable ». Le scénario qui semble de mise est de continuer les relations commerciales sur la base de l’accord de Cotonou en attendant la signature d’un éventuel accord.
La société civile marque un point dans sa longue mobilisation contre les APE.
On apprend également que le président Blaise Compaoré, président en exercice de la CEDEAO a adressé une lettre circulaire à ses pairs sur la position de la sous-région. Le président de la commission de l’UEMOA et celui de la CEDEAO ont écrit de leur côté à Louis Michel, le commissaire européen en charge des négociations.
La CEDEAO tente de faire prendre en compte l’aspect développement dans l’accord, la société civile est sur la même longueur d’onde, mais exige plus de protection pour le secteur agricole.
Source : http://www.lepays.bf/
Le BAME vous invite cordialement à la 15ème conférence des « Mardis du BAME » qui aura lieu le mardi 18 décembre 2007 de 15 h à 17h à la direction générale de l’ISRA sur le thème : « Faut-il signer les APE ? Autopsie d’un accord en cours de négociation »
Publié le 11 décembre 2007
Cette conférence sera animée par un panel de chercheurs et d’experts.
Agro-économiste ou économiste de formation, vous êtes titulaire d’un master ou d’un DEA. La recherche vous intéresse et vous souhaitez vous engager dans une thèse de doctorat en économie du développement sur un terrain sénégalais.
Publié le 25 novembre 2007
– Appel à candidatures filière avicole
– Appel à candidatures filière bovine
La délégation de la commission européenne à Dakar a organisé une séance d’information sur l’Export Help Desk.
Publié le 20 novembre 2007
Pour permettre aux opérateurs économiques africains de disposer facilement de toutes les informations relatives aux conditions d’exportation sur le marché européen, la délégation de la commission européenne à Dakar a organisé une séance d’information sur l’Export Help Desk.
Les opérateurs économiques sénégalais vont bientôt pouvoir disposer de toutes les informations relatives aux conditions d’exportation vers l’Union européenne en faisant un simple clic. En effet, l’outil Helpdesk dont la mise en place remonte à plusieurs années, n’était que faiblement utilisé par les opérateurs sénégalais. Pour preuve, au cours de l’année 2006, seules 8 000 visites sénégalaises soit 0,1 % ont été enregistrées sur ce site. Plus globalement, c’est l’ensemble des pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Acp) qui présentent un faible taux de consultation, avec 3%. Au même moment, les pays de l’Amérique latine constituent 30% des visites et occupent une plus large part du marché européen. Pour rendre plus visible cet outil, la délégation de la commission européenne (Dce) a convié, hier, des opérateurs sénégalais pour leur faire découvrir le Help Desk.
Christophe Devroey du bureau de Dakar, explique ainsi que les fonctionnalités de cet outil informatique dénommé Export Help Desk sont fort nombreuses et permettent « d’accéder à toutes les informations utiles et pouvant permettre aux pays en développement d’exporter des produits dans les pays de l’Union européenne ». C’est ainsi que le site web www.exporthelp.europa.eu permet de disposer d’informations variées sur les conditions à remplir avant d’accéder au marché européen, aux taxes exigibles, aux droits de douane et aux règles en vigueur, mais aussi de statistiques commerciales ainsi que d’une plate-forme de contact entre opérateurs de l’Union européenne et ceux des pays du Sud. Un tel outil est jusque-là resté fort peu profitable aux pays Acp, qui pourtant, disposent de nombreux avantages sur les taxes et les tarifs douaniers en relation avec les divers accords de partenariat unissant l’Union européenne et ces pays.
Malgré ces avantages dont ils bénéficient, les pays Acp ont entregistré au cours des dernières années, une baisse du volume de leurs exportations vers le marché européen, qui est actuellement à 5,1%, majoritairement constitué de produits agricoles et halieutiques. Au même moment, les importations européennes sont estimées à 7% avec, essentiellement, des produits industriels et des voitures.
L’Union européenne avec son marché de 450 millions de consommateurs suscite beaucoup de convoitises de la part des pays pauvres, même si les nombreuses barrières érigées à l’entrée constituent autant d’obstacles. La présentation de Help Desk a, également, été mise à profit pour exposer les diverses actions entreprises dans le cadre de l’appui au secteur privé et à la promotion des investissements par le Centre pour le développement de l’entreprise (Cde), le programme ProInvest et la Banque européenne d’investissement (Bei).
Source : Le quotidien du 19 novembre 2007
Ape – Contribution au journal Le Monde : Wade démarche les européens contre les chinois et les indiens
Publié le 20 novembre 2007
Ce texte du Président Abdoulaye Wade a été publié le week-end dernier dans le journal français Le Monde. Il est repris ici intégralement.
La Commission européenne presse les Etats africains de signer, avant le 31 décembre, de nouveaux accords de partenariat économique (Ape). Ce nouvel instrument de coopération multilatérale est censé prendre le relais des accords de Cotonou, qui viennent à expiration à cette date et qui, depuis sept ans, accordaient aux 46 Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (les Acp) un régime dérogatoire au principe de libre-échange et des préférences commerciales unilatérales.
En l’absence de signature de ces nouveaux accords, ce serait le vide entre l’Union européenne et l’Afrique. Cette perspective est doublement catastrophique. En effet, disparaîtrait, avec les accords de Cotonou, le dispositif qui sert de base à l’aide européenne. Et cette aide est encore plus vitale aujourd’hui pour l’Afrique, au moment où la hausse du prix du pétrole entraîne celle des denrées de première nécessité et déclenche partout le mécontentement populaire et la grogne des syndicats.
Il est vrai que les experts reconnaissent l’échec des accords de Cotonou et de ceux de Yaoundé et de Lomé, qui les ont précédés. L’objectif était d’augmenter les exportations de l’Afrique vers l’Europe, et l’on a abouti au résultat exactement inverse : les exportations de l’Europe vers l’Afrique ont augmenté de 6,5% depuis 2000, alors que les exportations africaines vers l’Europe se sont très sensiblement détériorées. Mais le système de remplacement que propose l’Union européenne (les Ape) n’est pas acceptable. Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’Europe veut changer de partenaire : jusqu’à présent, par une sorte de parallélisme des formes, elle négociait avec l’Union africaine ; désormais, elle entend traiter, distinctement, avec chacune de nos cinq sous-régions. En somme, dès le départ, elle entend mettre en place un système de désintégration, tout en affirmant vouloir renforcer l’intégration africaine. Ensuite, les nouveaux accords de partenariat économique prétendent démanteler les protections tarifaires et instaurer une parfaite égalité de compétition entre des économies européennes et africaines totalement asymétriques. En clair, cela revient à consacrer et accentuer un déséquilibre de fait et à livrer totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés.
Non seulement l’industrie africaine n’a pas la capacité et les structures qui lui permettraient de répondre même à une forte demande européenne, mais ce nouveau dispositif de désarmement tarifaire imposé par le libre-échange entraînerait immédiatement d’énormes pertes de recettes douanières pour nos pays : or les recettes douanières constituent entre 35% et 70% des budgets des Etats africains. Selon une simulation du Centre d’étude et de recherche sur le développement, entre 2008 et 2015, les pertes de recettes fiscales du Sénégal, si notre pays adopte ce système, passeraient de 38 à 115 milliards de francs Cfa. Récemment, le président du Nigeria, opposé aux Ape, m’indiquait que son pays perdrait près de 800 millions d’euros par an. En somme, on nous invite à annoncer aux populations en guise de cadeau de Nouvel An : “Chers compatriotes, nous venons de signer avec l’Europe un nouvel accord de coopération (sic) qui supprime 35% de nos budgets. En conséquence, nous allons supprimer des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, des projets de routes, licencier des fonctionnaires… en attendant des compensations hypothétiques !” C’est indéfendable.
Au demeurant, l’allocation de sommes d’argent ne compense pas des déséquilibres structurels durables. Entre des mesures pour protéger mon économie d’une concurrence destructrice et une somme d’argent, je préfère les mesures de protection ! L’argent se dépense si vite, et après ? C’est pourquoi la plupart des pays d’Afrique, à commencer par ceux de l’Afrique occidentale, rejettent ces nouveaux accords, même s’ils demandent des délais pour répondre. Je dis tout haut ce que tout le monde dit tout bas. C’est une question de survie pour nos peuples et pour nos économies, déjà très éprouvées par les subventions agricoles pratiquées par les pays industrialisés, à hauteur de 1 milliard de dollars/jour, qui jettent, par exemple, les 12 à 15 millions de producteurs de coton dans la misère. Alors évitons-leur le coup de massue ! Les partisans d’une alliance Europe/Afrique devraient donc envisager une alternative, portée par une vision d’avenir et non par une réaction défensive face à l’arrivée de nouveaux concurrents commerciaux asiatiques sur le continent africain. C’est dans cette perspective que je propose, pour ma part, des Accords de partenariat et de développement (Apd) qui englobent et dépassent le cadre strictement commercial. Selon les projections, l’Europe, avec ses faiblesses en termes de compétitivité et de déficit démographique, aura besoin de 20 millions d’immigrants. De son côté, l’Afrique présente des déséquilibres structurels liés à la nature même de son économie. Toutefois, ce continent, dans son ensemble, est pacifié, à l’exception du Darfour et de la Somalie.
Les meilleurs analystes pensent que le monde de demain sera dominé par un quatuor Etats-Unis-Brésil-Chine-Inde, qui exclut l’Europe. Avec l’Afrique, l’Europe pourrait faire mentir cette prévision ! De leur côté, isolés, hors de l’intégration continentale, les pays africains n’auront aucune chance. Ensemble, l’Europe et l’Afrique ont des atouts immenses pour bâtir une alliance stratégique, mettant en commun la science, la technologie, le savoir-faire, les capacités financières de l’Europe, le potentiel humain et les immenses ressources naturelles de l’Afrique. Du coup, des problèmes aigus comme l’immigration clandestine massive, simple “produit” d’économies dissymétriques, disparaîtront, car les Africains trouveront des emplois chez eux.
Si l’Europe n’a plus que la camisole de force des Ape à nous proposer, on peut se demander si l’imagination et la créativité ne sont pas en panne à Bruxelles. C’est pourquoi je propose les Apd articulés autour des principes suivants :
– dissociation du commerce et de l’aide, qui serait co-administrée ;
– constitution d’un espace mixte qui permettrait des investissements budgétaires de l’Europe en Afrique dans une optique keynésienne ;
– accords entre régions du monde au lieu d’un accord mondial Omc, trop global et donc très réducteur ;
– partenariat Europe-Afrique intégrateur donc global, et non parcellisé en 5 accords régionaux, parce que l’Afrique est une continuité géographique ;
– accords sur des produits homogènes : café, cacao, arachide, coton, pêche, produits miniers, manufacturés, etc. ;
– délocalisation industrielle vers l’Afrique : l’Europe ne pouvant pas concurrencer la Chine et l’Inde, pourquoi ne délocaliserait-elle pas en Afrique ses industries qui exportent vers notre continent ?
– financement des infrastructures, car si l’Europe ne veut ou ne peut pas le faire, les Chinois le feront plus vite et moins cher !
Les accords de partenariat et de développement permettraient donc d’instaurer un développement équitable et mutuellement enrichissant. Au total, l’Europe et l’Afrique devraient se forger un destin commun en lançant les fondements d’une alliance objective sur la base de nos complémentarités.
La France pourrait, avec le Sénégal, en prendre l’initiative. C’est ce message d’espoir que je compte porter au prochain sommet Europe-Afrique de Lisbonne du 6 décembre.
Par Abdoulaye WADE – Président du Sénégal
Source : Le quotidien du lundi 19 novembre 2007